lundi 19 mars
mardi 20 mars 20h | ÉQUINOXE | durée : 2h40

 

 

théâtre

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Dossier du spectacle

Dossier pédagogique

Programme

Revue de presse

Mise en scène
Gilles Bouillon

Dramaturgie, Bernard Pico
Scénographie,
Nathalie Holt
Costumes,
Marc Anselmi
Lumière,
Michel Theuil
Musique,
Alain Bruel
Assistante mise en scène,
Albane Aubry
Maquillages et coiffures,
Eva Gorszczyk
Création du nez,
Cécile Kretschmar
Assistante costumes,
Christine Vollard
Peinture et Sculpture,
Thierry Dalat
Régie Générale,
Laurent Choquet
Construction du décor, réalisée par
l'équipe technique du CDR de Tours sous la direction de Pierre-Alexandre Siméon -
Réalisation costumes,
Catherine Denully, Marie-Catherine Hirigoyen, Marylène Richard -
Maître d’armes,
Bertrand Garreaud -
Accessoiristes,
Emilie Cohuau, Delphine Guibert.

Avec

Christophe Brault, Cyrano de Bergerac
Emmanuelle Wion, Roxane
Cyril Texier, Christian de Neuvillette modification REPRISE DE ROLE POUR 2012
Cécile Bouillot, La duègne, Mère Marguerite de Jésus
Xavier Guittet, Ragueneau
Philippe Lebas, Comte de Guiche
Denis Léger-Milhau, Lignière
Léon Napias, Montfleury, capitaine Carbon, Castel-Jaloux
Marc Siemiatycki, Le Bret

Et les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre

Pauline Bertani Le premier spectateur, Lise, un cadet, un noctambule,
une sœur.


Stephan Blay La femme à la chandelle, un pâtissier, un poète, un cadet,
un noctambule, une sœur.


Laure Coignard La distributrice des douces liqueurs, un pâtissier, un poète,
un cadet, un noctambule, une sœur.


Edouard Bonnet Le fâcheux, le petit marquis, un pâtissier, un cadet, un noctambule, une sœur.

Brice Carrois Le voleur de baisers, le vicomte de Valvert, un pâtissier, un poète, un cadet, un noctambule, une sœur.

Richard Pinto Cuigy, un pâtissier, un poète, un cadet, le capucin, une sœur.

Mikaël Teyssié Brissaille, un pâtissier, un cadet, un noctambule, une sœur.

Edmond Rostand

Cyrano de Bergerac

C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !
C’est baroque, c’est mélo, c’est burlesque, c’est romantique, c’est en alexandrins, c’est un feu d’artifice, c’est énorme ! Le metteur en scène Gilles Bouillon (Centre Dramatique de Tours) monte la pièce d’Edmond Rostand avec 17 comédiennes et comédiens. C’est Christophe Brault qui interprète Cyrano. Il excelle à rendre le personnage : aussi fougueux que fragile, aussi empanaché qu’empêtré. Il joue de cette langue « baroque, grotesque, drôle, parfois imparfaite » et sait en faire jaillir toute la formidable poésie.

Cyrano aime en secret Roxane, mais Roxane aime en secret Christian. Christian aime en secret Roxane qui est publiquement courtisée par De Guiche. Roxane et Christian confient chacun de leur côté leur secret à Cyrano qui ne se confie à personne et gardera son secret jusqu’à la mort. Cyrano a du panache dans les gestes, le maniement de l’épée (seul contre cent, il déjoue une embuscade…), dans les mots (il manie le langage avec le talent d’un poète), mais il a la figure disgracieuse. Christian est un beau mousquetaire, mais le verbe lui manque. Pour Roxane, l’amour ne peut avoir que le visage de la beauté et pour le sublimer, l’éloquence poétique. De deux défaites, Cyrano va tenter de faire une victoire. Il se glisse dans l’ombre de Christian et lui souffle les mots de l’amour. Un amour à deux têtes, un amour qui avance masqué, un amour qui devient fiction, un piège qui se referme sur les trois personnages.

Monter Cyrano, c’est d’abord un cadeau que l’on fait à un acteur et que Gilles Bouillon fait à Christophe Brault, un Cyrano tout en finesse et élégant panache. C’est aussi le « plaisir de monter une pièce à la gloire du théâtre et pour tous les amoureux du théâtre » (Gilles Bouillon).

« Je serai ton esprit
Tu seras ma beauté. »

Cyrano de Bergerac
Gilles Bouillon met en scène avec intelligence et générosité les amours bicéphales inventées par Rostand et compose, avec une troupe équilibrée et talentueuse, un spectacle pétillant et virtuose.


Cyrano emporte dans la tombe son panache immaculé, marque de ce que le XVIIème siècle appelait la gloire et qui désigne ce à quoi on se doit et qui fait un héros. Confondu avec une gloriole bravache, ce panache est souvent ce qui conduit à faire de Cyrano un bretteur insolent et provocateur – et les vers de mirliton de Rostand y invitent – plus mousquetaire que philosophe. En choisissant de confier ce rôle à Christophe Brault, comédien dont on ne saluera jamais assez l’intelligence et la distinction, Gilles Bouillon défait le contresens et rend à Cyrano toute la complexité d’un timide que sa difformité handicape, honteux de sa laideur parce qu’il aime trop la beauté, celle de Roxane, évidemment, mais aussi celle des choses de l’esprit qui offrent aux audacieux l’espoir d’aller dans la lune et leur permet de « chanter, rêver, rire, passer, être seul, être libre » sans souci d’un « protecteur » ou d’un « patron », sans dieu ni maître, libertin comme on l’était au Grand Siècle et comme le fut sans conteste Hercule Savinien de Cyrano, cet esprit fort avec lequel l’interprétation de Christophe Brault réconcilie son avatar théâtral. Intellectuel épris d’une précieuse (là encore, pas une de ces pécores que ridiculise Molière, mais une femme libre capable comme Roxane de traverser les rangs ennemis pour rejoindre son amant au siège d’Arras, et à laquelle Emmanuelle Wion donne ici une intensité dramatique qui flirte avec le sublime), maladroit comme on l’est quand on a trop de mots et plus d’intelligence que le commun, le Cyrano de Brault est un des plus fins et des plus subtils jamais interprétés.

Le laurier et la rose !

Manipulateur d’un jeu qu’il dirige en metteur en scène aguerri, Cyrano est aussi un homme de théâtre, c’est-à-dire, fondamentalement, un baroque. S’il déteste l’ampoulé Montfleury, c’est qu’il se fait une idée bien plus haute de l’art dramatique que ce butor prétentieux. Gilles Bouillon le suggère avec adresse en faisant de Cyrano le maître des effets scéniques, commandant sa clarté à la lune et organisant autour de lui une scénographie qui s’adapte d’acte en acte avec une fluidité et une élégance impeccables. Cyrano, Brault et Bouillon sont un peu comme les facettes complémentaires d’un même homme, portant tous ensemble à son acmé un amour du théâtre qui conjugue enthousiasme et talent. Cette alliance est visible dans la place que sait accorder Gilles Bouillon aux jeunes comédiens du JTRC qu’il forme au jeu par le jeu (évidence qu’il est un des rares metteurs en scène contemporains à réaliser), qui composent dans cette pièce une troupe harmonieuse et joyeuse. Autour des trois comédiens principaux (Brault, Wion et le très beau Thibaut Corrion dans le rôle de Christian), les seconds rôles sont interprétés avec justesse et conviction, et tout concourt à composer un spectacle radieux et tendre, émouvant et drôle, enlevé et brillant, généreux et populaire, qui mérite de se voir servi « le laurier et la rose » !

Catherine Robert

la presse :

« Christophe Brault tient le rôle du bretteur-poète au trop long nez et au cœur tendre. Il y met du jus, de la verve, du sentiment à bon escient, dans une mise en scène qui mise délibérément sur le tréteau (…). Du coup l’on gagne en légèreté et la représentation donne l’impression du primesaut, d’autant plus que la distribution dans son ensemble relève de la plus éclatante jeunesse. »


[Jean-Pierre Léonardini]

« Gilles Bouillon a réuni une compagnie de jeunes comédiens réjouissants. Ils forment un chœur rythmé et bondissant. Thibault Corrion campe un Christian plus habité qu’à l’accoutumée, et Emmanuelle Wion, une Roxane de caractère. Dans le rôle de Cyrano, Christophe Brault : le voici formidable poète-mousquetaire. Combattant puis messager, il est de toutes les scènes ou presque, d’un champ de bataille à un balcon sous la lune, d’une scène de fortune à un couvent où il livrera son secret. Il est épris d’intégrité et de liberté, plein de tendresse et de souffrance contenue. Christophe Brault, débordant tout ensemble de grâce et de panache, illumine la scène. »


[Nedjma Van Egmond]

Production : Centre Dramatique Régional de Tours I Coproduction : La Compagnie du Passage, Neuchâtel I Avec le soutien de la DRAC Centre, la Région Centre, le Conseil Général d’Indre-et-Loire (Jeune Théâtre en Région Centre), du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes- Côte d’Azur, du Théâtre du Passage – Neuchâtel et de l’Atelier Théâtre Jean Vilar – Louvain-la-Neuve.