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Création lumière – Yves Godin
Travail vocal et musical – Dalila Khatir
Concepteur sonore – Nicolas Barillo
Assistante artistique – Cécile Broqua
Arrangements musicaux – Gilles Anthonie Thuillier
Design graphique – Ludovic Alussi
Régisseur général – Marc-Emmanuel Mouton
Textes : Bruce Bégout, Vincent Labaume, Michel Schweizer, Elsa Boyaval, Pierre Carpentey, Clément Chébli, Aurélien Collewet.
Avec Robin Barde, Elsa Boyaval, Pierre Carpentey, Clément Chebli, Aurélien Collewet, Pauline Corvellec, Zahra Hadi, Lucie Juaneda, Elisa Miffurc, Davy Monteiro, Gianfranco Poddighe et Michel Schweizer
Comme tous les spectacles de Michel Schweizer, Fauves pose en premier lieu la question de la professionnalisation de l’expérience artistique et de la confiscation par les artistes du statut de producteur d’œuvre d’art. Cette question interroge aussi la position du spectateur : consommateur passif ? artiste en puissance ? délégataire conscient de cette fonction de représentation du monde aux professionnels de la scène ?
« Cette proposition s’appliquera à élargir le spectre des publics.
Ainsi de notre place d’adulte elle devrait trouver un écho mémoriel dans l’adolescent que nous avons été et le parent que nous sommes devenus.
Pour l’adolescent présent dans la salle, l’effet miroir aura la vertu, je l’espère, de stimuler la réflexion sur son existence de jeune adulte. » [Michel Schweizer]
Michel Schweizer se présente comme un « manager ». Sa pratique de la production de spectacles consiste à réinjecter de la réalité humaine sur la scène du théâtre. Il évite soigneusement de travailler avec des professionnels de la scène théâtrale ou chorégraphique. Ses interprètes, qu’il appelle des « prestataires de services », sont boxeur, chanteuse de variété, maître-chien, psychiatre, danseuse de cabaret, etc. Avec La Coma, sa compagnie ironiquement considérée comme un « centre de profit », il s’est lancé depuis 1995 dans une entreprise risquée : la subversion de « l’intérieur » de l’institution culturelle et du système de la production d’œuvres dans le secteur du spectacle vivant. Un peu chorégraphe, un peu sociologue, il est avant toute chose un acteur critique de la société du spectacle. Sa démarche a fini par intéresser les plus importantes scènes de l’Hexagone…
« C’est la description d’une tentative d’assujettissement et de servitude molle, d’apathie "librement" consentie où l’énergie fauve de la jeunesse, force vive, dangereuse, menaçante pour l’ordre serait sournoisement entravée par des mains invisibles. Schweizer fait œuvre politique au sens large en demandant à ces corps néophytes de faire mine de se plier pour affirmer le plus de liberté possible. »
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Muriel Steinmetz
« Cette pièce sur les élans de la jeunesse, ses rêves et ses difficultés, sa capacité à s’adapter plus ou moins bien à la réalité, réussit à conserver un taux de vie formidable. On est au spectacle et pourtant quelque chose de frais, de spontané et de terriblement vivant, se passe sous nos yeux. »
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Rosita Boisseau
« Qu’est ce qui frappe et tient aux corps, dans Fauves ? La densité, la gravité des moindres gestes de ces jeunes interprètes. Ces ados pensaient vivre une expérience à la Star’Ac. En lieu de quoi, Schweizer fait traverser une expérience de la durée, de l’écouté et du soupesé, où la scène est « lieu exceptionnel d’un faire », plutôt que « lieu d’un faire exceptionnel » ; un appel à se sentir citoyen « responsable de ses songes », en tout cas à s’affranchir des conditionnements disciplinaires qui régissent le rapport au monde. Au bord du gouffre comme du plateau, une jeunesse malaxe des exigences de pensée, décoche des immédiatetés d’actions, se jurant de ne jamais virer au cynisme blasé. Très fort. »
Gérard Mayen
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« Les nuits fauves. Réjouissant.
Un exercice qui déjoue à plus d’un titre des pièges du genre. Pas une teen comedy de plus, mais bien une création adulte dans son écriture sophistiquée. Fauves tombe à point, avec sa distribution de jeunes surdoués, chanteurs, danseurs, acteurs qui rejouent sous nos yeux une vie à vivre. Un futur qui, comme les deux horloges suspendues, a son propre rythme.
Un DJ, Gianfranco Poddighe, génial, dont la nostalgie sur vinyle est à l’opposé du monde actuel.
On est au bord des larmes. Fauves, parle à chacun de nous, sans distinction d’âge. »
Philippe Noisette
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