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Librement inspiré de l’oeuvre
de Jiró Taniguchi
Dramaturgie Carine Corajoud Collaboration artistique Delphine Lanza Assistante à la mise en scène Laure Bourgknecht
Scénographie Sylvie Kleiber, Delphine Lanza
Musique originale Patricia Bosshard
Avec la complicité d’Anne Gillot
Lumières Bastien Depierre
et Dorian Rossel
Costumes Barbara Thonney
Assistante costumes Nicole Conus
Vidéo Jean-Luc Marchina
Avec Rodolphe Dekowski, Mathieu Delmonté, Xavier Fernandez-
Cavada, Karim Kadjar, Delphine Lanza, Elodie Weber, Patricia Bosshard (musique), Anne Gillot (musique)
Dorian Rossel est « résident au bord de l’eau » au Théâtre Vidy-Lausanne de janvier 2011 à juin 2013, avec le soutien de l’Office Fédéral de la Culture et de BNP Paribas.
« Les personnages de Taniguchi font régulièrement cette expérience de la brèche, de l’entre-deux.
Au détour de micro-événements […], ils sont happés par leur propre vécu et pénètrent dans le
temps dilaté du souvenir. S’ouvre alors à eux la possibilité d’un retour en arrière, à travers les liens
d’interdépendance propres aux attaches familiales. Par une subtile mise en tension entre un cadre
quotidien et la résurgence d’émotions enfouies, Taniguchi plonge le lecteur dans un monde de
la tendresse, de la protection et de la confiance mutuelle. Qui ne vont pas sans leurs corollaires,
l’abandon, la perte, la nostalgie, la mort. Un univers de pleins et de vides, d’intimités et de prises
de conscience.
[…]
Selon l’écrivain japonais Yoshihawa, les récits de Taniguchi se caractérisent par une notion quasi
désuète aujourd’hui : la gentillesse. Loin de tout scepticisme, être gentil, pour lui, n’est pas péjoratif,
c’est au contraire oser se montrer bienveillant. Envers les autres, envers la nature, envers soi-même.
Il y a de la provocation dans ce regard altruiste, situé dans les marges du système productiviste.
Un espace ouvert à la rêverie et à la contemplation. »
[Carine Corajoud, dramaturge]
« Jirô Taniguchi est l’un des auteurs de manga les plus reconnus. Bien que son trait relève moins de cette forme de bande dessinée populaire du Japon que de la « BD » européenne. Peu importe. Ce qui compte, c’est le charme prégnant qui se dégage de ses histoires ouvrant sur le monde tout en ramenant à l’intérieur de soi-même.
Comme celle d’Hiroshi, le héros d’un Quartier lointain, entraîné malgré lui dans un voyage à travers le temps. Un soir de beuverie, il se réveille dans le Japon de son adolescence, homme de 48 ans dans un corps de 14. Il retrouve ses amis, sa famille. Se souvient de son père qui, sans prévenir, va bientôt disparaître. S’ingénie, en vain, à détourner le cours d’un destin qu’il ignorait alors et dont, à présent, il connaît tous les termes. Mais plus que de tenter d’empêcher ce qui doit être, l’important n’est-il pas de comprendre la vérité de l’autre ainsi que la sienne au terme d’un parcours au plus profond de soi ?
Mathieu Delmonté est bouleversant d’humanité
C’est ce manga, objet d’un film de Sam Gabarsky en France il y a un an, que Dorian Rossel, un jeune metteur en scène franco-suisse a adapté et mis en scène dans une atmosphère très belle plus proche du rêve que du cauchemar.
Dans un décor d’une sobriété exemplaire, où s’opposent le rouge et le noir, il mène le récit comme une douce ballade, racontée par des acteurs étonnants de délicatesse et de raffinement. Capables de faire surgir des arbres, un souffle d’air qui passe. Donnant à voir le mouvement du pinceau dessinant les mangas sur la page, dans les pleins et déliés de leurs attitudes et de leurs gestes, faussement naïfs, extrêmement savants.
Mathieu Delmonté est Hiroshi, bouleversant d’humanité en perpétuel équilibre entre force et fragilité, au point exact où les deux âges se confondent – maturité et adolescence. Le reste de la distribution se mesure à son aune : Rodolphe, Dekowski, Delphine Lanza, Élodie Weber, Karim Kajdar, Xavier Fernandez-Cavada.»
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Didier Mereuze
« Nul besoin de connaître le manga de Jirô Taniguchi pour apprécier le spectacle du metteur en scène suisse Dorian Rossel (1). Son adaptation, des plus heureuses, en permet la découverte aux non-initiés. Il invite à un fantasme : un retour dans le passé, avec une fraicheur et un parti pris de naïveté particulièrement bienvenus. Le héros monte dans un train qui le ramène vers les lieux de son enfance et le souvenir obsédant d’un père abandonnant le domicile familial. Qu’aurait pu faire le jeune garçon d’alors pour infléchir le cours des choses? Aurait-il pu retenir son père? Plus largement, peut-on changer le cours d’une vie? Dorian Rossel pose ces questions avec une manière de faire exemplaire, dans une économie de moyens et une simplicité de mise en scène et de jeu. Le traitement visuel et sonore crée une dimension où l’imaginaire trouve sa place. L’interprétation se fond dans la proposition. Un ensemble parfait.»
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Annie Chénieux
lundi 17 octobre 2011
« Etre aussi fin et délicat qu'un trait de crayon": avec cette ambition, le Franco-Suisse Dorian Rossel a adapté le célèbre
manga du Japonais Jirô Taniguchi "Quartier lointain", dans une mise en scène stylisée, rythmée et ludique, au Théâtre
Monfort jusqu'au 29 octobre.
"Nous avons voulu rendre compte de la complexité de l'histoire, de la richesse narrative de l'écriture du manga, et en même
temps que ce soit aussi direct à recevoir que la bande dessinée", a expliqué à l'AFP le metteur en scène, né en 1975, habitué
des adaptations de textes non théâtraux.
Avec sa compagnie suisse STT, Dorian Rossel a déjà transposé notamment au théâtre le livre "L'Usage du monde" de Nicolas
Bouvier, le film "La maman et la putain" de Jean Eustache, ou la série documentaire de Jean-Xavier de Lestrade "Soupçons".
Là, "il ne s'agissait pas de faire un copié-collé de la BD, mais une oeuvre théâtrale", indique le metteur en scène. "C'est un
travail d'invention d'un langage théâtral différent de celui de nos autres spectacles".
Il dit "avoir été touché par l'oeuvre extrêmement délicate de Taniguchi", l'un des auteurs japonais de BD les plus appréciés en
Europe, avec une oeuvre à mi-chemin entre manga et bande dessinée franco-belge.
Empreint de nostalgie et de fantastique, "Quartier lointain", qui a obtenu le prix du scénario au festival d'Angoulême en 2003,
a été aussi adapté au cinéma en 2010 par Sam Garbarski, qui a transposé l'histoire en France.
Ce roman graphique raconte l'histoire d'un homme de 48 ans replongé dans son adolescence. Après s'être trompé de train,
Hiroshi Nakahara se retrouve dans la ville de son enfance, puis dans la peau de l'adolescent de 14 ans qu'il était. Il va revivre
un moment clé de sa vie, et tenter de mieux le comprendre.
Euphorie de l'adolescence.
Dans la mise en scène de Dorian Rossel, créée en 2009 en Suisse, l'histoire reste au Japon, mais dans un pays stylisé,
évoqué seulement par quelques objets comme un bol de riz, une coiffure ou une toile blanche qui se lève sur la scène.
"C'est l'une des richesses de l'oeuvre d'être au Japon", estime Dorian Rossel. "Il fallait que l'on évoque les aplats de couleur,
les cadrages, le hors cadre, et que ça puisse donner un climat pas japonisant, mais relié au Japon" .
Sur scène, six comédiens, qui jouent différents rôles, et deux musiciennes. Le héros est interprété par un comédien principal,
mais aussi tour à tour par d'autres, voire parfois par un choeur. Pas d'adolescent en revanche pour jouer Hiroshi à 14 ans,
car "c'était beaucoup moins riche que d'avoir un adulte qui recherche sa conscience d'enfant", juge Dorian Rossel.
Le metteur en scène a dû condenser le manga, qui fait coexister plusieurs lieux et époques.
Le spectacle est aussi ludique, avec la volonté de retranscrire "l'euphorie de l'adolescence nostalgique", explique Dorian
Rossel.
Le tout est rythmé notamment par la musique. "Il fallait à la fois traduire le côté ludique et avoir des moments de suspension",
souligne le metteur en scène.
Pour lui, il s'agissait de "faire exister du vide" pour laisser le spectateur imaginer, tout en composant avec le caractère
"concret" du théâtre.
"Quand on lit une BD, on est dans un rapport d'intimité et on la lit seul, à son rythme. Au théâtre, on a une durée commune et
l'on vit ensemble, comédiens et spectateurs. Le théâtre pouvait apporter un travail sur le rythme et sur le temps".
La Scène
" Adapter un manga au théâtre, et pas n'importe lequel : Quartier lointain, de Jirô Taniguchi, c'était un
pari sacrément périlleux. Il est réussi. Le spectacle, créé en Suisse par le metteur en scène Dorian
Rossel, est à l'affiche du Monfort, à Paris. Il va se jouer un mois avant de partir en tournée, et, à en
mesurer l'accueil qu'il a reçu le soir de la première, on peut gager qu'il fera le plein de spectateurs de
tous âges, comme il y a des lecteurs de Quartier lointain de tous âges. Tant mieux !
Ce manga est un phénomène : depuis sa parution, chez Casterman, en 2002, plus de 300 000
exemplaires ont été écoulés. Et le flot ne tarit pas. Beaucoup d'amoureux de Taniguchi ne sont pas des
amateurs de manga ni de bandes dessinées. Mais ils trouvent dans Quartier lointain une histoire et un
dessin qui les transportent et leur ouvrent la porte d'entrée dans l'oeuvre du mangaka né en 1947, qui
a commencé par retracer la conquête de l'Everest, dans Les Dieux des cimes, ou suivre les
intellectuels et les écrivains de l'ère Meiji, dans le fantastique Au temps de Botchan, avant de se
tourner vers des sujets de la vie quotidienne, sur laquelle il porte un regard à la Ozu, son réalisateur
préféré.
Quartier lointain s'inscrit dans cette veine. Ce manga, adapté au cinéma par Sam Gabarski, en 2010,
est un voyage dans le temps. Un jour de 1998, un homme de 48 ans, marié et père de famille, se
retrouve, sans savoir pourquoi ni comment, dans un train qui le mène vers son enfance. Il revit ses
jeunes années, marquées par le départ de son père, qui un jour a pris un train, lui aussi, sans rien dire,
ni jamais revenir. Aurait-il pu l'empêcher de le faire, et changer ainsi le cours de sa vie ? Quartier
lointain se pose la question, et bien d'autres encore, en suivant un chemin qui mène à une
réconciliation intime.
C'est précisément cela que sait rendre Dorian Rossel. Ce metteur en scène de 36 ans possède une
qualité qui peut vite devenir un défaut : la naïveté. Chez lui, elle n'est qu'émotion et bienveillance,
comme dans le manga, dont on retrouve l'esprit sur le plateau, où sept comédiens se partagent les
rôles. Ils reproduisent, dans leurs mouvements et dans leurs gestes, la "ligne claire" du dessin chère à
Jirô Taniguchi, et qui est aussi présente dans la simplicité du décor. Ainsi, libre de toute intrusion
intempestive, le spectateur peut se laisser aller, revivre à sa façon le manga. Quand, à la fin, vient le
temps de la confession du héros, on sent chacun respirer. Le silence autour des mots est alors aussi
beau que l'envol vers une re-naissance, celle-là même dont Quartier lointain nous parle.
"

Brigitte Salino
« Odyssée fantastique dans le temps, Quartier lointain réussit le tour de force de retranscrire sur scène la fable existentielle et tendre de Jirô Taniguchi.»
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« Dorian Rossel a une conviction qu’il vérifie au fil de ses créations : générer une évidence de plaisir et de partage. L’humour en est souvent la porte d’entrée. Quartier lointain enchaîne ainsi trouvailles ludiques et vrais choix esthétiques. Univers délicat, art de la suggestion, on plonge profond dans l’émotion. »
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[Marie-Pierre Genecand]
« Dorian Rossel suggère de manière ludique et poétique l’univers réaliste et fantastique ; une belle épure de la vie, portée par l’intensité du jeu des comédiens. Un spectacle tendre. »
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Lausanne
[Corinne Jaquiéry]
« Le rythme et la légèreté de ce récit émouvant doivent beaucoup à la décision de la répartir sur tous les comédiens […] qui font rebondir les rôles comme des bulles légères, sur une musique originale de Patricia Bosshard. Ils sont drôles, justes […] et savent laisser agir le blanc des cases dessinées par Taniguchi. »
Le Courrier
[Dominique Hartmann]
« Un bond formel de la planche aux planches qu’il effectue avec beaucoup de souplesse et d’ingéniosité. Sa mise en scène est épurée, comme le trait du maître du manga. Elle prend soin surtout d’accorder à la fuite du temps une respiration orientale, instants suspendus qui soulignent sans ostentation la charge nostalgique du propos. […] Par petites touches, s’appuyant sur une scénographie qui excelle dans l’évocation en privilégiant un climat, Dorian Rossel parvient à faire vibrer toute une palette d’émotions. On sort le coeur lesté. »
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[Lionel Chiuch]