JEUDI 6 DÉCEMBRE À 20 H
VENDREDI 7 DÉCEMBRE À 20 H 30 |
ÉQUINOXE
[Durée : 2h10]

Rencontre avec Bérangère Jannelle, metteur en scène
le 10 ou le 11 octobre (date à confirmer)
à 19h sur le plateau d'Equinoxe
entrée libre sur réservation 
à l'accueil d'Equinoxe : 02 54 08 34 34

 

théâtre

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ADAPTATION ET
MISE EN SCÈNE

Bérangère Jannelle

Avec Cyril Anrep, Laurent Bellambe, Raphaèle Bouchard, Mathieu Genet, Katia Lewkowicz, Emanuela Pace
Scénographie Stéphane Pauvret
Costumes Annabel Vergne assistée de Lisa Navarro
Lumière
Christian Dubet
Création son
Bérangère Jannelle et Stéphane Pauvret
Chorégraphie
Éric Domeneghetty
Maquillage
Fatira Tamoune
Assistanat à la mise en scène Emanuela Pace
Régie générale
Richard Pierre Régisseur lumière Aurélien de Fursac ou Sylvie Pierre
Réalisation costumes
Isabelle Deffin
Accessoiriste
Émilie Lemoine

Amor ! ou les « Cid » de Corneille

Bérangère Jannelle, metteur en scène lauréate de la Villa Médicis hors les murs, réunit une troupe de jeunes acteurs pour s’emparer avec fougue de ce « texte-patrimoine » et nous donner une lecture inédite du Cid qui met en lumière la sensualité, la poésie, la liberté, la fantaisie de la première version, voulue comme une tragi-comédie et condamnée par une Académie française sous contrôle de Richelieu qui n’y voit « qu’immoralité, impudicité, licence et invraisemblance » ; et l’amertume, la dureté de la dernière version, moins crue et plus policée.
Vous serez happé(e)s par ce tournoiement amoureux ; Rodrigue en « héros » pré-raphaélite et Chimène aux allures de Colomba noire de jais ; fringance, « espagnolades » et deuxième degré, tourments, atermoiements, Émotion.

« Amor ! ou les "Cid" de Corneille, parce que Corneille a écrit plusieurs versions, entre la première qui déclenche la colère de l’Académie pour des raisons poétiques, politiques et morales, et la dernière, vingt-cinq après, suite à de nombreuses corrections. Plutôt noces que montage, ces versions se croisent, se mêlent dans le spectacle pour former UNE version inédite, qui met à la fois en lumière la sensualité, la liberté, la fantaisie de la première version et l’amertume, la dureté de la der-nière version, qui voit triompher le politique. […]
Amor ! parce qu’il s’agit à présent de notre Cid. Celui de l’entrée d’une génération dans le monde, celle des enfants. Obligés d’hériter. Obligés – sous peine de mort – de s’approprier cet héritage, d’y prendre leurs quartiers, et de le transformer afin qu’un futur soit possible. Les enfants du Cid s’emparent de ce texte-patrimoine comme un manifeste. Ils se jouent le Cid. Ils nous jouent le Cid. Ils tentent de réinventer les règles du jeu en reflétant les désirs propres aux héritiers du Cid d’aujourd’hui. Désir de soi et désir de l’autre entier, fou, paradoxal. Désir d’amour et désir de mort. Désir de jeu. À la mort. À la vie ! »

[Bérangère Jannelle]

Qu’est-ce que ça a été de monter le Cid ?
S’emparer d’un monument de la littérature comme on grimpe une montagne.
Travail de titan. En équipées.
S’approprier l’héritage en secouant les cadres, jouer des conventions et des idées reçues.
Se rendre compte que l’alexandrin ne se laisse tutoyer que si on le respecte : sans révérences.
Dans cette pièce d’inspiration baroque, qui mêle les genres avec un rythme soutenu, quelque chose nous tient en haleine de l’ordre du feuilleton. Nous travaillons ainsi beaucoup en mêlant la culture héritée (de Velazquez à Corneille) à la culture actuelle (le cinéma, les séries). Comment dans le présent est en fait contenu le passé, la mémoire ? Comment les films d’Almodovar et les séries américaines contiennent souvent les grands principes de la tragédie antique ?
Le spectacle ? De la couleur, de la musique, du drame et des disputes presque animales.

Bérangère Jannelle :
Née en 1977, elle a appris la mise en scène auprès de Stéphane Braunschweig, Klaus Michael Grüber, à Palerme aux côtés de Carlo Cecchi pour la trilogie shakespearienne présentée par le Festival d’Automne : Hamlet, Mesure pour mesure, le Songe d’une nuit d’été. À Lorient, avec Éric Vigner sur Marion de Lorme de Victor Hugo, avec Arthur Nauziciel sur le Malade imaginaire ou le Silence de Molière.
Elle est désormais l’auteur de mises en scène très « remarquées » : le Décaméron d’après Boccace (2000), O Adversario (2002, Sao Paulo), puis Robinson voyage au pays de nulle part (2003), Ajax de Sophocle (2005).
En 2006, elle a réalisé au Brésil son premier long métrage documentaire : À fleur de terre.

Après Le Décaméron, Robinson, voyage au pays de nulle part, Ajax et Une Soirée chez les Fox, Bérangère Jannelle s’empare de l’un des textes patrimoines du théâtre français et crée Amor ou les « Cid » de Corneille. Un titre qui sonne comme une injonction de vie, un jeu de miroir entre désir d’amour et désir de mort.

La portée du Cid fait de ce texte une pièce animiste…
Bérangère Jannelle :
Le Cid n’est pas l’histoire d’un conflit de générations mais celle de l’entrée d’une nouvelle classe d’âge dans le monde. La question, qui touche aux thèmes de la filiation et de l’héritage politique, est de savoir comment les enfants du Cid – Rodrigue, Chimène, l’Infante, Don Sanche, les confidentes – vont gérer leur héritage intime. Acculés à la survie, ces jeunes gens doivent à tout prix réinventer les règles du jeu de leur existence. Cela en se positionnant entre le rejet et la récupération du passé, en se construisant autour de la question centrale du désir. « Je désire, donc je suis » : tel est le fondement de la reconstruction de ce monde nouveau, de la réinvention du couple et de l’amour.

La scène du théâtre peut-elle s’imaginer sans la scène du monde ?
B. J. :
Je m’attache, de spectacle en spectacle, à faire se rencontrer espace intime et espace public, théâtre et cité. Aujourd’hui, la génération sacrifiée du sida et de la crise manque de repères. Dans cette absence de transmission, le présent et l’avenir sont à réinventer. C’est un travail sur la mémoire, qu’il s’agit de réadapter à son propre désir.

Le Cid est considéré comme un sommet de l’académisme…
B. J. :
Comme un sommet assommant : à tort. La première version baroque, datant de 1637, a suscité la « Querelle du Cid », une crise politique ainsi que l’un des premiers grands débats artistiques. Ce que l’on reproche au Cid, c’est la transgression des règles du théâtre classique, leur distorsion cachée, le non-respect des hiérarchies. Chimène, personnage qui revendique le respect d’un état de droit et donc la naissance d’un état moderne, place les enjeux sociaux et politiques de son époque à l’endroit même de sa féminité. Mon travail de mise en scène se nourrit de la rugosité crue de la première version, comme de l’aspect plus classique de la seconde qui, en 1682, dévoile un final plein d’amertume. En l’espace de vingt-cinq ans, Corneille s’est politisé et a appris à résister au pouvoir par le jeu de la mélancolie, par le refus d’enter dans l’illusion de la joie. C’est ce que nous retrouverons grâce au talent de jeunes acteurs qui, des jeunes héros cornéliens aux protagonistes plus âgés, incarnent le passage à une maturité pleine et idéalisée.

Propos recueillis par Véronique Hotte
La Terrasse

LA PRESSE :

« Impertinence à la Almodovar : Une mise en scène colorée et inventive souligne le caractère juvénile de cette pièce, somme toute la moins académique de Corneille. Décor rouge vif, talons aiguilles, saxo et envolée de confettis : un Cid placé sous le signe de la movida et de la jeunesse ; le public, jeune, qui ne bronche pas, attentif à tant de modernité ; Rodrigue qui semble sorti d’un film de Jacques Demy et qui réussit avec les honneurs ses morceaux de bravoure. »


[Marion Thébaud]

« La jeune et brillante metteur en scène revisite avec fouge et impertinence ce grand classique ; elle rend le Cid à sa vocation subversive originelle. De rebondissements en rebondissements, la pièce s’emballe et nous emballe. L’enthousiasme, la sincérité et le talent des comédiens à peine sortis de l’adolescence y sont pour beaucoup. »


[Marie-Emmanuelle
Galfré]

« Le metteur en scène la
joue contemporaine pour
souligner le caractère
éternel de la lutte entre
les générations. La troupe
de jeunes comédiens livre
la bataille comme si
c’était la sienne. On en
ressort tous en vainqueurs.
»


[Jean-Luc Bertet]

« Y aurait-il donc encore un public pour ce classique d’entre les classiques? Et en existe-t-il une autre dont les spectateurs
connaissent autant de citations ? De "Rodrigue as-tu du cœur ?" à"cette obscure clarté qui tombe des étoiles", de"ô rage ! ô désespoir" à"nous partîmes cinq cents…",

de "percé jusques au fond du cœur…" à"va, cours, vole, et nous venge", de "à moi, comte, deux
mots" à "ces cheveux blanchis sous le harnois" ou "va, je ne te hais point" ou encore" et le combat ces sa faute de combattants" ? Bérangère Jannelle entraîne ses comédiens dans une version menée

tambour battant et au cœur d’une œuvre d’un jeune auteur de 31 ans,Corneille ! Décor rouge et jaune, comme le drapeau espagnol, et Espagnols au sang chaud, ce dont elle s’amuse, sans pour autant manquer de sérieux ; un Cid flamboyant servi par des
comédiens à l’enthousiasme
contagieux. »


[Martine Silber]

TOURNÉE 07/08
- Du 23 au 26/10/2007 à OULLINS (69600) au Théâtre de la Renaissance
- 10 novembre à Epernay au Salmanazar
- 15 novembre à BAR LE DUC à L'acb - SCÈNE NATIONALE
- 20 NOVEMBRE À POITIERS - scène nationale
- 24 et 25 novembre à SURESNES - JEAN VILAR
Production déléguée La Ricotta | Coproduction Théâtre de l’Ouest Parisien Boulogne-Billancourt, La Comédie de Reims – Centre Dramatique National, Espace Jules Verne – Théâtre de Brétigny – Scène Conventionnée du Val d’Orge, La Ricotta | Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National – Ce spectacle a reçu le soutien de l’Adami, qui gère les droits des artistes-interprètes et consacre une partie des droits perçus à l’aide à la création, à la diffusion et à la formation | Partenaires Espace Malraux - Scène Nationale de Chambéry et de Savoie, l’Hippodrome - Scène Nationale de Douai | Bonlieu - Scène Nationale d’Anneçy, Le Granit - Scène Nationale de Belfort. | Photo : Benjamin Renout - Agence Enguerand

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