SAMEDI 31 MAI À 20 H 30 | SALLE GASTON COUTÉ
[Durée présumée : 1 h 30]

Création décembre 2007

 

théâtre

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Dossier de presse

d’après Racleurs d’océans
d’Anita Conti (1899-1997)
(Copyright Éditions Hoëbeke)

Adaptation et mise en scène Jeanne Champagne

Avec Gwenaëlle David
Avec l’aimable autorisation de
Laurent Girault-Conti
Scénographie et costumes
Gérard Didier
Lumières Franck Thévenon

Lire également :
L’Océan, les bêtes et l’homme, Éd. André Bonne (1971)
Géant des mers chaudes, Poche Payot (1997)
La Dame de mer, Revue Noire (1999)
Les Terre-Neuvas, photos, Éditions du Chêne (2006)

Debout dans la mer

Échappée belle et retour de Jeanne Champagne à qui nous devons George Sand, une femme en politique, joué à Équinoxe en 2004 (ainsi qu’à l’Assemblée nationale, au Parlement de la Communauté française de Belgique et à la Cartoucherie de Vincennes) ; sans oublier la semaine de lectures (gîte de Diors, hiver 2007) autour de ces écrivains vagabonds que sont Anita Conti, Le Clézio, Nicolas Bouvier.
Levons l’ancre avec cette « femme légère comme l’air » (aux dires de la navigatrice Isabelle Autissier), écologiste avant l’heure, engagée sur les dragueurs de mines, reporter pour L’Illustration, expérimentant l’aquaculture à 60 ans !

Gwenaëlle David :
Issue du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, où elle eut comme professeurs Daniel Mesguich, Joël Jouanneau ; et Philippe Garrel pour le cinéma.
Elle a joué Shakespeare, Strindberg, Labiche et Brecht.

« La dame de la mer nous embarque dans les eaux glacées de l’Arctique ; et devant nous des noms chantent : Fécamp, Viking, Bois-Rosé, Terre-Neuve, Labrador, Groenland. Chaque nom soulève des émotions et nous projette dans l’aventure de cette femme prête à embarquer sur un chalutier long de 64 mètres, entourée d’un équipage de soixante hommes et pas n’importe lesquels (les Terre- Neuvas), armée uniquement d’un Rolleiflex et d’un carnet de notes ! Bonheur d’entrer dans son sillage, de dessiner avec elle la cartographie d’une vie réelle et imaginaire. »

[Jeanne Champagne, metteure en scène]

« Anita Conti, pionnière de l’océanographie, grand photographe et écrivain, a sillonné les mers froides et tropicales à bord des bateaux de pêche et marqué près d’un siècle de vie maritime. En 1939, première femme embarquée au service de la Marine nationale, elle participe au déminage du port de Dunkerque, avant de partir pour l’Afrique où l’attendent missions humanitaires, chasse aux squales et décolonisation. »

[Catherine Reverzy, psychiatre et écrivain,
Anita Conti, 20 000 lieues sur les mers]

« Le pont c’est le théâtre, le cirque, comme disent les hommes de Saint-Malo. C’est le plateau sur lequel vont se vivre toutes les scènes, dures, patientes, enragées, furieuses, écrasantes, et joyeuses aussi, de la campagne de pêche.
Suivant une des lois de la tragédie classique, le plateau ne doit pas demeurer vide, et en fait il l’est rarement ; et pour un motif chaque fois douloureux, par manque de poisson.
Mis à part ce motif, il y a constamment des acteurs au travail, et si par gros temps les acteurs humains ont disparu, c’est que la mer est entrée en scène et que c’est elle qui mène le jeu. »
« Le bateau est baigné d’un étrange silence. Ce n’est plus un morutier, ce n’est plus l’éclatante usine qui était en action la nuit dernière. C’est un navire indéfinissable qui n’a pas fixé son âme. Il est pareil à certains êtres qui ont une vocation, ils sont appelés mais ils ne savent pas encore par quels chemins répondre à cet appel. »

[Anita Conti, in Racleurs d’Océans,
Éditions Hoëbeke, 1992]

Anita Conti
Extrait de la biographie L’Océan d’une vie par Laurent Girault-Conti
1899

Naissance d’Anita Caracotchian. Très vite, Anita est partagée entre deux passions : la mer et les livres. Son éducation se développe au cours de tous les voyages vers lesquels ses parents l’entraînent, de Bergen à Gibraltar, d’Istanbul à Perros-Guirec, de l’île d’Oléron à Athènes… C’est au cours de ces pérégrinations qu’Anita se familiarise avec le monde des marins. Elle se lie d’amitié avec les enfants de pêcheurs, on l’invite à bord des navires.
1914
Anita reçoit un cadeau : une pièce de cuir brut. Le cuir sera transformé en peau, la peau d’un livre. Le premier ? un Molière ! Anita vient de découvrir la reliure d’art.
1917
Premières photographies sur les côtes atlantiques françaises.
1927
Anita Cara épouse Marcel Conti. Ces années révéleront la relieuse d’art. Pierre Mac Orlan couronne de sa plume cette reconnaissance méritée : « celle-qui-écoute-parler-les-livres ».
1935
Série de campagnes dans le golfe de Gascogne, en mer d’Irlande, à Terre-Neuve. Elle tracera des cartes de pêches, étudiera les techniques, les fonds de pêche, la température des eaux, la profondeur, la salinité…
1939
Pour les océanographes, il devient nécessaire de suivre en pleine mer les modifications de température qui influencent le mouvement des poissons. Des contacts sont pris avec les armateurs de la pêche hauturière, les Terre-Neuvas. À Fécamp, le chalutier Viking, long de 64 mètres, embarque Anita Conti dans ses flancs. C’est un vapeur, un morutier, un saleur. Cent jours de mer sur un na-vire qui concentre la fierté de tout un port. Anita Conti partagera cette parenthèse de vie avec un équipage de cinquante hommes.
1941
Anita Conti s’embarque à bord du chalutier Volontaire pour les eaux chaudes de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest.
1943
Le gouvernement d’Alger lui confie la mission d’étudier les pêches traditionnelles et de perfectionner leurs développements possibles.
1952
À sa propre initiative, elle embarque sur le chalutier saleur Bois-Rosé. À peine rentrée, elle remet son manuscrit à l’éditeur André Bonne ; le livre sort en 1953, Racleurs d’océans ; à travers ce récit, c’est la révélation de trente années de navigation, du rude travail de ces Terre-Neuvas qui appar-tiendront bientôt à la légende. Puis elle monte ses bobines 16 mm et réalise un film qui retrace les heures de cette campagne morutière.
1957
Anita Conti décide de repartir pour l’Afrique de l’Ouest ; deuxième livre : Géants des mers chaudes.
Alors qu’il dirige le Musée océanographique de Monaco, le commandant Cousteau accueille Anita Conti durant deux ans. Elle se concentre sur ses préoccupations. Comment répondre à la malnutrition des populations dont l’accroissement est exponentiel ? Peut-on éviter le gaspillage des pêches ? Aquaculture ? « J’ai vu tant d’efforts perdus, tant de masses de bêtes, de débris tout frais, retomber dans cette eau d’où ils venaient d’être arrachés. Les bateaux tournent sans fin comme des chevaux de cirque sous le fouet des vents. Tous rejettent des tonnes de matériaux alimentaires. »
1960
Anita Conti s’enfonce seule sur le littoral Adriatique, pour expérimenter des fermes aquacoles.
1962
Anita Conti court toujours. Elle part pour l’Irlande à la rencontre des requins pèlerins. Elle tente encore une nouvelle structure de fermes aquacoles en mer du Nord, mais une marée noire viendra clore l’expérience !
1971
Durant ces dix dernières années qui recouvrent à la fois recherches, tentatives, utopies, aventures, purs plaisirs, elle accumule une somme importante d’observations et de réflexions qu’elle rassemble dans son troisième volume : L’Océan, les bêtes et l’homme, qui reçoit le Prix de la Mer 1972.
1975
Commence une incroyable trajectoire. Partout dans les ports d’Europe, on connaît la Dame de la Mer. Il lui suffit de mettre le pied sur un quai pour trouver à s’embarquer. Elle passe de bateau en bateau, de port en port, du Portugal en Norvège, de la Hollande à l’Italie, de l’Irlande aux îles Féroé, de l’Alaska au Japon…
1997
Anita Conti meurt à Douarnenez dans la nuit du 24 au 25 décembre, à l’âge de 98 ans.

Coproduction Théâtre Ecoute, Le passage – centre de création artistique de Fécamp, Équinoxe, Scène Nationale de Châteauroux. | Photo : Cap sur Anita Conti – Archives Ville de Lorient

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