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Dossier
de presse
d’après
Racleurs d’océans
d’Anita Conti (1899-1997)
(Copyright Éditions Hoëbeke)
Adaptation et mise en scène
Jeanne Champagne
Avec Gwenaëlle David
Avec l’aimable autorisation de Laurent Girault-Conti
Scénographie et costumes
Gérard Didier
Lumières Franck Thévenon
Lire également :
• L’Océan, les bêtes et l’homme,
Éd. André Bonne (1971)
• Géant des mers chaudes, Poche Payot (1997)
• La Dame de mer, Revue Noire (1999)
• Les Terre-Neuvas, photos, Éditions du Chêne
(2006)
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Debout dans
la mer
Échappée belle et retour
de Jeanne Champagne à qui nous devons George Sand, une femme
en politique, joué à Équinoxe en 2004 (ainsi
qu’à l’Assemblée nationale, au Parlement de
la Communauté française de Belgique et à la Cartoucherie
de Vincennes) ; sans oublier la semaine de lectures (gîte de Diors,
hiver 2007) autour de ces écrivains vagabonds que sont Anita Conti,
Le Clézio, Nicolas Bouvier.
Levons l’ancre avec cette « femme légère comme
l’air » (aux dires de la navigatrice Isabelle Autissier),
écologiste avant l’heure, engagée sur les dragueurs
de mines, reporter pour L’Illustration, expérimentant l’aquaculture
à 60 ans !
Gwenaëlle David :
Issue du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
de Paris, où elle eut comme professeurs Daniel Mesguich, Joël
Jouanneau ; et Philippe Garrel pour le cinéma.
Elle a joué Shakespeare, Strindberg, Labiche et Brecht.
« La dame de la mer nous embarque dans les
eaux glacées de l’Arctique ; et devant nous des noms chantent
: Fécamp, Viking, Bois-Rosé, Terre-Neuve, Labrador, Groenland.
Chaque nom soulève des émotions et nous projette dans l’aventure
de cette femme prête à embarquer sur un chalutier long de
64 mètres, entourée d’un équipage de soixante
hommes et pas n’importe lesquels (les Terre- Neuvas), armée
uniquement d’un Rolleiflex et d’un carnet de notes ! Bonheur
d’entrer dans son sillage, de dessiner avec elle la cartographie
d’une vie réelle et imaginaire. »
[Jeanne Champagne, metteure en scène]
« Anita Conti, pionnière de l’océanographie,
grand photographe et écrivain, a sillonné les mers froides
et tropicales à bord des bateaux de pêche et marqué
près d’un siècle de vie maritime. En 1939, première
femme embarquée au service de la Marine nationale, elle participe
au déminage du port de Dunkerque, avant de partir pour l’Afrique
où l’attendent missions humanitaires, chasse aux squales
et décolonisation. »
[Catherine Reverzy, psychiatre et écrivain,
Anita Conti, 20 000 lieues sur les mers]
« Le pont c’est le théâtre,
le cirque, comme disent les hommes de Saint-Malo. C’est le plateau
sur lequel vont se vivre toutes les scènes, dures, patientes, enragées,
furieuses, écrasantes, et joyeuses aussi, de la campagne de pêche.
Suivant une des lois de la tragédie classique, le plateau ne doit
pas demeurer vide, et en fait il l’est rarement ; et pour un motif
chaque fois douloureux, par manque de poisson.
Mis à part ce motif, il y a constamment des acteurs au travail,
et si par gros temps les acteurs humains ont disparu, c’est que
la mer est entrée en scène et que c’est elle qui mène
le jeu. »
« Le bateau est baigné d’un étrange silence.
Ce n’est plus un morutier, ce n’est plus l’éclatante
usine qui était en action la nuit dernière. C’est
un navire indéfinissable qui n’a pas fixé son âme.
Il est pareil à certains êtres qui ont une vocation, ils
sont appelés mais ils ne savent pas encore par quels chemins répondre
à cet appel. »
[Anita Conti, in Racleurs d’Océans,
Éditions Hoëbeke, 1992]
Anita Conti
Extrait de la biographie L’Océan d’une vie
par Laurent Girault-Conti
1899
Naissance d’Anita Caracotchian. Très vite, Anita est partagée
entre deux passions : la mer et les livres. Son éducation se développe
au cours de tous les voyages vers lesquels ses parents l’entraînent,
de Bergen à Gibraltar, d’Istanbul à Perros-Guirec,
de l’île d’Oléron à Athènes…
C’est au cours de ces pérégrinations qu’Anita
se familiarise avec le monde des marins. Elle se lie d’amitié
avec les enfants de pêcheurs, on l’invite à bord des
navires.
1914
Anita reçoit un cadeau : une pièce de cuir brut. Le cuir
sera transformé en peau, la peau d’un livre. Le premier ?
un Molière ! Anita vient de découvrir la reliure d’art.
1917
Premières photographies sur les côtes atlantiques françaises.
1927
Anita Cara épouse Marcel Conti. Ces années révéleront
la relieuse d’art. Pierre Mac Orlan couronne de sa plume cette reconnaissance
méritée : « celle-qui-écoute-parler-les-livres
».
1935
Série de campagnes dans le golfe de Gascogne, en mer d’Irlande,
à Terre-Neuve. Elle tracera des cartes de pêches, étudiera
les techniques, les fonds de pêche, la température des eaux,
la profondeur, la salinité…
1939
Pour les océanographes, il devient nécessaire de suivre
en pleine mer les modifications de température qui influencent
le mouvement des poissons. Des contacts sont pris avec les armateurs de
la pêche hauturière, les Terre-Neuvas. À Fécamp,
le chalutier Viking, long de 64 mètres, embarque Anita
Conti dans ses flancs. C’est un vapeur, un morutier, un saleur.
Cent jours de mer sur un na-vire qui concentre la fierté de tout
un port. Anita Conti partagera cette parenthèse de vie avec un
équipage de cinquante hommes.
1941
Anita Conti s’embarque à bord du chalutier Volontaire
pour les eaux chaudes de la Méditerranée et de l’Afrique
de l’Ouest.
1943
Le gouvernement d’Alger lui confie la mission d’étudier
les pêches traditionnelles et de perfectionner leurs développements
possibles.
1952
À sa propre initiative, elle embarque sur le chalutier saleur Bois-Rosé.
À peine rentrée, elle remet son manuscrit à l’éditeur
André Bonne ; le livre sort en 1953, Racleurs d’océans
; à travers ce récit, c’est la révélation
de trente années de navigation, du rude travail de ces Terre-Neuvas
qui appar-tiendront bientôt à la légende. Puis elle
monte ses bobines 16 mm et réalise un film qui retrace les heures
de cette campagne morutière.
1957
Anita Conti décide de repartir pour l’Afrique de l’Ouest
; deuxième livre : Géants des mers chaudes.
Alors qu’il dirige le Musée océanographique de Monaco,
le commandant Cousteau accueille Anita Conti durant deux ans. Elle se
concentre sur ses préoccupations. Comment répondre à
la malnutrition des populations dont l’accroissement est exponentiel
? Peut-on éviter le gaspillage des pêches ? Aquaculture ?
« J’ai vu tant d’efforts perdus, tant de masses
de bêtes, de débris tout frais, retomber dans cette eau d’où
ils venaient d’être arrachés. Les bateaux tournent
sans fin comme des chevaux de cirque sous le fouet des vents. Tous rejettent
des tonnes de matériaux alimentaires. »
1960
Anita Conti s’enfonce seule sur le littoral Adriatique, pour expérimenter
des fermes aquacoles.
1962
Anita Conti court toujours. Elle part pour l’Irlande à la
rencontre des requins pèlerins. Elle tente encore une nouvelle
structure de fermes aquacoles en mer du Nord, mais une marée noire
viendra clore l’expérience !
1971
Durant ces dix dernières années qui recouvrent à
la fois recherches, tentatives, utopies, aventures, purs plaisirs, elle
accumule une somme importante d’observations et de réflexions
qu’elle rassemble dans son troisième volume : L’Océan,
les bêtes et l’homme, qui reçoit le Prix de la
Mer 1972.
1975
Commence une incroyable trajectoire. Partout dans les ports d’Europe,
on connaît la Dame de la Mer. Il lui suffit de mettre le pied sur
un quai pour trouver à s’embarquer. Elle passe de bateau
en bateau, de port en port, du Portugal en Norvège, de la Hollande
à l’Italie, de l’Irlande aux îles Féroé,
de l’Alaska au Japon…
1997
Anita Conti meurt à Douarnenez dans la nuit du 24 au 25 décembre,
à l’âge de 98 ans.
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