MERCREDI 23 JANVIER À 20 H 30
JEUDI 24 JANVIER À 20 H 45
VENDREDI 25 JANVIER À 21 H |
ÉQUINOXE (PLATEAU) | [ Durée : 1h15 ]

La Barrière de dégel

– SIXIÈME GRIMPE –


à partir de 12 ans

ARTS DE LA PISTE

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Dossier de presse

[ www.elogedupoil.com ]

Une coproduction Équinoxe

DE ET PAR
JeanneMordoj
Cie Bal - Barbe à Lala

Mise en scène Pierre Meunier
Scénographie et lumières
Bernard Revel
Composition musicale, ambiance sonore
Bertrand Boss
Décor et accessoires

Mathieu Delangle
Costumes
Stéphane Thomas Graphisme Camille Sauvage
Diffusion Camille Mathieu

Collaborations :
Chorégraphie
Cécile Bon
Ventriloquie
Michel Dejeneffe

Éloge du poil

Rassemblé(e)s tout autour d’une estrade-tréteau de foire, apprêtez-vous à découvrir une très insolite artiste…
Attachée aux objets depuis toujours, en école de cirque dès 13 ans, passage par le CNAC de Châlons, rencontres avec Jérôme Thomas, Guy Alloucherie, CTibor Turba, le Cirque Bidon en Italie, la Cie Cahin-Caha, le Cabaret imprudent d’Arthur H ; elle est très marquée par les Tchèques tels le photographe Jan Saudek et le cinéaste Jan Svankmajer (cf. son chef-d’œuvre Alice au pays des Merveilles projeté par Équinoxe et l’Apollo en 1995 et 2007).
Que vous dire d’elle ? Qu’à l’instar d’un Johan Le Guillerm (Secret), elle est possédée par son art et que cette tête chercheuse (à barbe !) vous saisira ; danse nus pieds sur tapis de coquilles d’œuf, lancers d’objets contondants, ventriloquie, bambous en équilibre, bélier et blaireau complices…
C’est fort étrange, ça louche vers Zoo de Greenaway et vers l’ambivalence.
C’est saisissant et diablement poétique, symboliste, sensuel.
On se retient de vous en dire plus…
Venez.

NB :
• Aux manettes à ses côtés : Pierre Meunier, l’inoubliable camelot d’Au milieu du désordre (au-tomne 2006, vraie-fausse conférence sur le tas et les pierres…).
• À l’heure où nous bouclons ce journal, nous avons pu assister aux dernières répétitions et attendons impatiemment le passage à La Villette - Paris du 27 au 30 juin.
• Voici ce qu’en écrit d’ores et déjà Libération lui aussi – déjà – dans la coulisse d’une résidence aux Subsistances à Lyon :
« Jeanne Mordoj est une artiste qui vient du cirque, totalement inclassable, à la fois acrobate, contorsionniste, ventriloque et plasticienne, qui vient de bénéficier d’une bourse Villa Médicis hors les murs. À suivre. » [Alice Géraud]

« Depuis toujours, [j’entretiens] une relation toute particulière avec les objets, attachements étranges, rituels d’enfance comme : collections de pierres triées sur le volet mises en sachets avec étiquettes, fabrication de petites sculptures, lien fort avec la matière peinture, le trait, le mot.
Puis les objets de jonglage : balles cousues main.
Une relation aujourd’hui de plus en plus en cohérence avec les propos. Les objets que je manipule sont au service de mes questionnements, ils sont intimement liés à la féminité (nudité, nourriture, ustensiles de cuisine, vêtements) mais ils sont aussi interlocuteurs concrets d’une quête de sens ; la manipulation réinterroge le propos comme un va et vient permanent.
Du très sensuel comme les seins ou le jaune de l’œuf, à des choses plus étranges comme la décomposition ou les incapacités diverses, excroissances physiques ou voix ventriloques. La contrainte que l’objet impose au corps permet une sorte de danse unique, un engagement total, des orteils à la tête. »

[Jeanne Mordoj]

Note de désir - extrait
Pierre Meunier, metteur en scène :

« Formée par le cirque, la piste, l’exigence incontournable que suppose la confrontation avec la pesanteur défiée.
L’importance qu’elle accorde à la rêverie, moyen actif pour peu à peu distinguer l’essentiel et oser la conjonction entre le désir, la chose et elle.
Son attention aux matières si dépourvues à nos yeux de toute séduction.
Son désir de faire partager son attrait pour le déconsidéré, le moins que rien, voire le repoussant. D’en redécouvrir l’étrangeté poétique stupéfiante.
Son aspiration à se tenir entre grave et léger.
La priorité qu’elle accorde à la sensation comme fondation de son geste.
Sa défiance de toute projection cérébrale qui précéderait ce qu’elle éprouve face à la matière.
La nature de ce qui attire Jeanne m’intrigue, ses crânes d’animaux, la femme barbue, la voix de son ventre, la décomposition du vivant en pourriture.
Je pressens une vraie dimension métaphysique et poétique dans ce qui s’annonce.
Il va falloir faire exister cette femme à barbe avec son érotisme fort et troublant. Qu’elle parle, qu’elle danse, qu’elle se pâme en sentant sur sa peau nue la caresse du jaune d’œuf !
Nous avons tellement besoin de cette poésie incarnée, dont la puissance de soulèvement échappe bien souvent. »

« Je porte barbe et moustache mais je me rase les joues. Cette barbe, comme celle d’un sconse, est bordée de blanc. Je ne la cultive pas pour les raisons habituelles – maladies de peau, épiderme sensible au feu du rasoir, ou encore dans le but secret de dissimuler un menton fuyant – mais à titre d’ornement comme un paon trouve plaisir à étaler sa queue. Et, à vrai dire, à notre époque, la barbe est la seule chose qu’une femme ne puisse faire mieux qu’un homme. Ou, si elle réussit, elle n’a de succès assuré qu’au cirque. »

[John Steinbeck, extrait de Voyage avec Charley]

la presse :
« Eloge du poil de et par Jeanne Mordoj, mise en scène Pierre Meunier
Etrange, troublant, poétique et drôle, le spectacle de Jeanne Mordoj flirte avec légèreté et malice avec les zones intimes du sexe et de la mort.


De son chignon, elle tire des pics à brochettes qu’elle darde telle une amazone sur une photo de jambe nue parfaitement épilée. En tailleur vert pâle, un crêpe noir sur le visage, Jeanne Mordoj ne tarde pas à dévoiler une barbe fournie qu’elle arbore fièrement. Effet étrange, troublant.
Avec Eloge du poil, spectacle d’une singularité saisissante, cette jeune femme jongleuse, ventriloque, bien d’autres choses encore, affronte sans complexe quelques tabous quant au poil et à la féminité. Femme à barbe contre femme imberbe ? Il y a de ça, mais avec une sacrée dose d’humour. Le poil, c’est la vie. D’ailleurs, après notre mort, les poils et les ongles continuent à pousser quelque temps encore, comme s’ils nous survivaient. Jeanne Mordoj joue sur l’opposition entre le velu et le lisse. Pas le moindre poil, par exemple, sur ces coquilles d’escargots parmi lesquelles elle se roule avant de les ramasser du bout des pieds, en contorsions bizarres, pour les envoyer d’un geste nonchalant se loger dans une bassine posée sur sa tête. Et quoi de plus lisse que ce jaune d’œuf qu’elle fait glisser le long de son visage, sur ses épaules nues, ses bras, son ventre ?
Ce crâne de bélier qui chante du lyrique n’est pas bien poilu non plus. Pas plus que cet autre crâne un tantinet moqueur, qui appartint jadis à un… blaireau. Les deux entament un dialogue d’outre-tombe, se chamaillent telles des marionnettes surgies des entrailles de la mort, donnant au spectacle une tonalité baroque sarcastique. Plus tôt, le bruissement mat des coquilles d’escargot évoquait déjà le cliquetis de milliers d’ossements qui s’entrechoquent. C’est que Jeanne Mordoj ne craint pas d’évoquer, dans cet Eloge du poil,

le sexe et la mort, prenant au passage à partie une assistance mi-figue, mi-raisin, sur son rapport intime de la pilosité. Cette jeune femme, qui a notamment travaillé avec Jérôme Thomas, ne manque ni d’humour ni de répondant ; elle façonne un univers poétique étrange à souhait, aussi facétieux qu’inquiétant, jusqu’à ce chœur à gorge déployée de crânes au rictus édenté, désopilant et fou. Voilà quelqu’un dont on n’a pas fini d’entendre parler. »

Hugues Le Tanneur
, 19 juin 2007

« Imprégnés de l’univers irréel de Jeanne Mordoj, les spectateurs quittent lentement, et avec difficulté, le lieu de la représentation. La salle enfin vide, ils demeurent longtemps devant le bâtiment à discuter entre eux, savourant chacun l’arrière-goût étrange que le spectacle leur a laissé. Quelques minutes plus tôt, apparaissait sur la scène une femme en tailleur vert pâle. Elle s’est assise discrètement, tournant le dos au public, le visage voilé d’une dentelle noire ; Puis elle s’est démasquée : son visage portait une barbe. Jeanne Mordoj crée son propre univers. Unique. Douceur et grâce des mouvements, lentes oscillations de bambous, des jaunes d’œufs qui glissent sur son corps, un petit bruit léger etharmonieux produit par ses jambes qui ramassent les coquilles vides. Puis vient un étrange bavardage entre elle, un crâne de bélier et celui d’un blaireau. La complicité et la cruauté s’entrelacent. Ce personnage singulier , à la fois repoussant et sensuel, suscite en nous un drôle de sentiment. La barbe sur le visage de cette femme élégamment habillée joue inévitablement, tout au long du spectacle, avec les oppositions normal-anormal, masculin-féminin, douceur-agressivité, vie et mort. Peut-être pour nous rappeler que tout cela n’est pas nécessairement opposé mais jumelé, lié l’un à l’autre, comme le recto et le verso d’une feuille de papier ; et que cela existe en chacun de nous. »

Michiko Tanaka

juillet 2007

« Il faut être drôlement culotté en ces temps focalisés sur le paraître pour camper une femme à barbe. Une heure quinze durant, c’est pourtant ce que fait Jeanne Mordoj, un petit collier de poil brun autour du visage. Contorsionniste, manipulatrice d’objets, ventriloque extraordinaire, artiste aussi givrée et douée, la jeune femme n’est par rien rebutée, qu’elle fasse glisser avec volupté des œufs crus sur son corps ou s’enterre et orchestre son propre requiem avec des squelettes de béliers et de blaireaux…Une fantaisie clownesque et foraine unique sur la laideur, les miasmes, la pourriture et la beauté, la mort, l’énergie et la vie. Un spectacle inoubliable et décapant. Évidemment, âmes sensibles s’abstenir ! »


sortir n° 2998
27 juin 2007

« Quand a-t-on vu sur scène une femme s’empoigner avec pareille audace ? Jamais ! »


[Daniel Conrod]

" Pierre Meunier, comédien qui élabore depuis quelques années des propositions pour la scène qui arrachent la représentation aux codes auxquels nous sommes habitués. il étonne, interloque, enchante. Dérange parfois."

[Armelle Héliot]

« La femme à barbe représente la féminité dans ce qu’elle a de mystérieux, de répulsif et d’attractif à la fois ; elle donne vie joyeusement à des choses mortes, crânes d’animaux, coquilles vides, jaunes d’œuf ; éloge du poil, de l’inutile et du sauvage. »

Avec le soutien de la DMDTS, de la DRAC et du Conseil Régional de Franche-Comté, du Conseil Général du Doubs | Coproduction Équinoxe, Scène Nationale de Châteauroux - La Brèche, Centre des Arts du Cirque de Basse-Normandie à
Cherbourg – Promenade(s) en Haute-Garonne – Théâtre de l’Espace, Scène Nationale de Besançon – Parc de la Villette à Paris – LeMerlan, Scène Nationale àMarseille | Résidence et aide à la production Les Subsistances à Lyon – Quelques p’Arts… le SOAR, Scène Rhône-Alpes | Aide à la résidence Les Migrateurs – associés pour les Arts du cirque / le Maillon Théâtre de Strasbourg | Accueil en résidence La Vache qui rue, Moirans en Montagne | Jeanne Mordoj est lauréate du programme « Villa Médicis Hors les Murs » AFAA en 2006. | Photo : Camille Sauvage

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