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[Durée présumée : 1 h 15] |
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théâtre |
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Lecture, en compagnie de
Manuel Durand, À lire : |
Jean-Louis
Trintignant dans Jean-Louis Trintignant : Jules Renard : |
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Florilège « Penser, c’est chercher des clairières dans une forêt. » « J’aime à lire comme une poule boit, en relevant « Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. » « Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente. » « Une fois que ma décision est prise, j’hésite longuement. » « De deux énormes vaches, sales de partout. « J’ai connu un oiseau qui tombait par terre chaque fois qu’il voulait s’endormir sur une branche. » « Qu’est-ce que l’imagination d’un adulte à côté de celle d’un enfant qui construit un chemin de fer avec des asperges ? » « Si celui qui se noie joint les mains pour prier, « L’homme vraiment libre est celui qui sait refuser « Le sourire est le commencement de la grimace. » |
« La vie n’est ni longue,
ni courte. « Ne pas se lever trop tôt, la nature n’est pas prête. » « Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l’est, il reste beaucoup à faire : À consoler les autres. » « Je mourrai avant l’heure, ou je me rendrai, et je deviendrai un ivrogne de rêverie. Je passerai donc ma vie, courte ou longue, à dire :mieux vaudrait autre chose. Pourquoi ce roulis de notre âme, ce va-et-vient de nos ardeurs ? Nos espérances sont comme les flots de la mer : quand ils se retirent, ils laissent à nu un tas de choses nauséabondes, de coquillages infects et de crabes, de crabes moraux et puants oubliés là, qui se traînent de guingois pour rattraper la mer. » « Conseil aux chasseurs : sortir une fois sans leur fusil et parcourir les champs où ils ont tué. La pie devient familière. Les perdrix attendent qu’on soit tout près d’elles. Les prunelles sollicitent, et la juteuse petite poire sauvage. Les prés s’endorment sous une légère brume. Le bœuf s’arrête et regarde, et le bœuf qui le suit lui lèche le derrière d’une langue paresseuse. Ce pré qui tire à lui toute la couverture verte. Et l’on n’a pas assassiné : c’est quelque chose. » « Je me déshabille ? |
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LA PRESSE : |
| Jules Renard : « Journal » drôle et méchant En plus du fameux « Journal », quatre
textes réédités. Humour et aigreur : l’auteur « Je suis plus capable d’une bonne
action que d’un bon sentiment » : cette phrase de Jules
Renard manifeste bien que le plaisir éprouvé à la
lecture de son Journal est pour une grande part un plaisir moral. Et si
le livre est drôle, c’est, si l’on ose dire, par méchanceté
pure : à force de n’avoir aucune indulgence pour personne
et surtout pas pour lui-même, à force de jouer franchement
de son aigreur et de sa jalousie, Renard parvient à donner de lui
une image extraordinairement sympathique tout en découvrant une
forme d’humour dont il n’est pas tant d’exemples.
Depuis toujours, il veut être écrivain.
Et, rapidement, sa vie se divise en deux parties : sa maison de Chaumot,
dans la Nièvre, près de Chitry où ont vécu
ses parents ; et le théâtre, dont il attend beaucoup et qui,
pour l’instant, donne surtout, trop généreusement
à son gré, à certains de ses « amis »,
tels Edmond Rostand ou Lucien Guitry. Il y a donc « le côté
de Chitry » et « le côté de Guitry
».
En 1896, ce sont les premières Histoires naturelles, dont certaines
seront mises en musique par Ravel en 1907. « Buffon a décrit
les animaux pour faire plaisir aux hommes. Moi, je voudrais être
agréable aux animaux mêmes. Je voudrais, s’ils pouvaient
lire mes petites Histoires Naturelles, que cela les fît sourire
». (Journal, 13 septembre 1895). Les humains pourront juger aussi,
puisque ces textes sont réédités en Folio à
la fin du mois, avec Ragotte, un quasi-inédit. Mathieu LINDON |
| Coproduction Les Visiteurs du Soir | Photo : Emmanuel Robert-Espalieu |