MERCREDI 30 ET JEUDI 31 JANVIER À 20 H 30 | SALLE GASTON COUTÉ

[Durée : 1h30]

 

théâtre

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Dossier de presse

Dossier pédagogique disponible.

Mise en scène
Joël Jouanneau

Avec Mireille Mossé (Winnie) et Alain Aithnard (Willy)
Scie musicale Virginie Michaud |
Assistante
Pilou Rieunaud |
Décor
Jacques Gabel |
Costumes
Claire Bergès |
Lumières
Franck Thévenon |
Son Pablo Bergel |
Régie générale
Serge Richard

Oh les beaux jours est édité chez Minuit.

Oh ! les beaux jours
de Samuel Beckett

Un monument de théâtre, exercice de style, passage obligé des (très) grandes interprètes, divagation poétique sur le cours de la vie, son inéluctable final. Babillages, digressions, peur du silence, humour encore toujours. Ne manquez pas la reprise de ce spectacle culte.

Les révolutions commencent toujours sans qu’on en ait vraiment conscience. En janvier 1953, les spectateurs venus au Théâtre de Babylone voir En attendant Godot étaient bien un peu estomaqués, mais ignoraient que cet objet théâtral non identifié était le séisme qui devait bouleverser une bonne partie du paysage théâtral. En dépit des hoquets de certains, le succès fut immédiat et le dramaturge qui nous disait que nous étions les rescapés éclopés d’un monde dévasté fit la réputation de l’homme de lettres, Beckett, qui reçut le prix Nobel de littérature en 1969. Si son œuvre, relativement abondante, tient sur un long rayon de bibliothèque, ce sont les rayonnages d’une pièce entière qu’il faudrait pour abriter les ouvrages (thèses, exégèses, études, essais, etc.) qu’elle suscite. Écrits sur l’écrit qui n’ont pas réussi à étouffer ce géant qui ricane au bord de l’abîme.
Créé en France en 1963, Oh les beaux jours fut longtemps pour le public français synonyme de Madeleine Renaud. Elle marqua si fort Winnie avec qui elle cohabita plus d’un quart de siècle, qu’il fallut du courage et de l’audace aux comédiennes qui osèrent se glisser dans le fameux mamelon. Denise Gence, on s’en souvient, fut de celles-là et elle sut donner à Winnie une autre couleur et en faire briller d’autres facettes.

« Certains textes, il faut voyager avec, en place ou dans l’espace, de longs mois, pour en mesurer la portée ; Alors ils vous traversent, ne font qu’un avec votre corps, votre souffle, ils sont à vous. Oh ! les beaux jours est l’un de ces textes-là. Il exige de son interprète une relation sensuelle qui va au-delà du sens des mots et intègre leur musique.
Beckett, je l’ai découvert à seize ans, lui et son héros Molloy, et sans le savoir encore, je découvris un auteur qui est à la littérature ce qu’est Einstein à la physique aristotélicienne, et à qui le théâtre doit des personnages tels Vladimir, Ham et Winnie, qui sont les Œdipe, Lear et Phèdre de notre temps. Jamais ce livre ne m’a quitté, Beckett non plus. »

[Joël Jouanneau]

Joël Jouanneau :
Codirecteur du Centre Dramatique National de Sartrouville, membre du collectif pédagogique de l’école du Théâtre National de Strasbourg, il enseigne aujourd’hui au Conservatoire de la ville de Paris.
Il a récemment mis en scène à la Comédie-Française Embrasser les ombres de Lars Noren, et au Théâtre du Peuple à Bussang J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce.

Mireille Mossé :
« Immense » comédienne, on l’a vue au cinéma et à la télévision chez Ozon, Allio, Caro et Jeunet, Leconte, Companeez, et au théâtre ou à l’opéra chez Olivier Perrier Jacques Nichet, Geneviève de Kermabon, Dominique Pitoiset, Laurent Fréchuret, Hervé Celardoux.

Rencontre avec Samuel Beckett
Par Charles Juliet
Éditions Fata Morgana
24 octobre 1968

« Je sonne à l’interphone. Il m’invite à monter. Quand je sors de l’ascenseur, je me heurte presque à lui. Il m’attendait sur le palier. Nous pénétrons dans son bureau. Je prends place sur un petit canapé en face de sa table de travail, tandis qu’il s’asseoit sur un tabouret, de biais par rapport à moi. Il a déjà adopté la position qui lui est familière lorsque, assis, il demeure inoccupé : une jambe enroulée autour de l’autre, le menton dans une main, le dos courbé, les yeux fixant le sol.
Le silence s’installe et je sais qu’il ne sera pas facile de le rompre. Curieuse idée, pensé-je, que de venir interroger celui qui n’est qu’interrogation. Son regard se dérobe, mais quand je sens ses yeux tenter de se porter sur moi, c’est au mien de se détourner. Ainsi, je me trouve devant cet homme dont l’œuvre m’a beaucoup apporté, et avec lequel, dans ma solitude, j’ai poursuivi d’interminables dialogues. Pour toutes ces raisons, je le ressens comme un ami, et ce n’est pas sans étonnement qu’il me faut reconnaître que je ne suis pour lui qu’un inconnu. »

LA PRESSE :

« C’est une minuscule entité, qui parle comme une petite fille et qui parfois se barbouille le visage d’un rire adorable de chipie. Admirable Mireille Mossé, qui prête au monologue désespéré de Winnie, la vitalité radieuse d’un dernier combat, sans pareille dans les mots tendres qu’elle susurre ; on est bouleversé ; il est inutile d’en rajouter. »


[Frédric Ferney]

« Joël Jouanneau fait passer un courant d’air frais dans cette œuvre, montre uneWinnie pétulante, loin du quant-à-soi
bourgeois, et Mireille Mossé distille le texte avec une autorité délicieuse.»


[Jean-Pierre Léonardini]

« Parfois, elle émet un petit rire sacripant ou demeure muette, lèvres pincées, comme si elle
s’amusait à bouder ; admirable Mireille Mossé, minuscule fauvette, qui prête au monologue de Winnie de superbes accents de mélancolie sous la joie feinte.»


[Frédric Ferney]

 

« Enterrée jusqu’à la poitrine
dans un étonnant mamelon de terre, quelque part au bout du monde, au bout du temps, l’héroïne de Beckett égrène gaiement les souvenirs de sa vie enfouie, de son amour avec Willie, vidant littéralement son sac. Pour incarner cette essence d’existence, le metteur en scène a choisi Mireille Mossé : visage fin et doux de poupée, gestes miniatures, voix de petite fille haut perchée, l’actrice donne une sorte d’éternité hors norme àWinnie. Elle en casse tous les possibles clichés – l’émotion facile, les minauderies

féminines –, nous oblige à écouter autrement la langue de Beckett, sur laquelle elle semble voler, tel un oiseau. Et nous en révéler comme en s’amusant l’absurde, l’absence, la béance, les litotes et les ellipses… »


[Fabienne Pascaud]

« Une merveille d’humour (noir) et de dérision. Joël Jouanneau aime Beckett et y trouve des motifs d’optimisme (Winnie (win) peut s’entendre comme un triomphe). Nous allons tous vers

le néant, soit ! Est-ce une raison pour renoncer à l’amour du quotidien, des êtres et des choses ? Certes éclopés et démunis, les personnages de Beckett peuvent prendre une incroyable vitalité. Touchante, à la fois enfantine et terriblement expérimentée, Mireille Mossé met son grand talent au service de cette mise en scène tendre et vigoureuse, de ce texte magnifique, merveilleux bric-à-brac de souvenirs, de futilités et d’envolées poétiques. »


[Patrice Trapier]

Coproduction Eldorado – Théâtre de Sartrouville, Le Point du jour – Lyon, Athénée Théâtre Louis Jouvet – Paris | Production déléguée Compagnie des Petites Heures. | Photo : Tristan Jeanne-Vales - Agence Enguerand

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