La danse baroque a été l’outil
choisi par Louis XIV pour restaurer l’image royale en insistant
sur la représentation du danseur solaire. C’est un art majeur
qui se décline au travers du rituel du bal tout autant que dans
l’excentricité du ballet de cour. Un dialogue exceptionnel
se développe alors entre la musique et la danse. Cette étroite
relation donne naissance à des œuvres musicales où
le mouvement corporel est essentiel et à des chorégraphies
où la musicalité des corps dans l’espace est primordiale.
Cet échange entre les deux arts est au cœur du travail de
la compagnie et c’est en analysant la partition musicale des concertos
Brandebourgeois qu’est né Que ma joie demeure.
La recherche d’une matière chorégraphique se déclinant
tout au long de la pièce avec jubilation et allégresse est
intimement liée à la tonicité du corps dansant baroque
qui nourrit un rapport incroyablement précis avec le rythme.
La conférence dansée « Du rituel au plaisir »
illustrera à partir d’exemples choisis dans le répertoire
baroque du XVIIe et d’extraits de Que ma joie demeure
la relation indissoluble depuis quatre siècles entre la musique
et la danse baroque, ainsi que le processus de recherche qui mène
de la danse de cour à la création de ce dernier spectacle.
Béatrice Massin, chorégraphe
Après avoir été interprète sans plusieurs
compagnies contemporaines, dont celle de Susan Buirge, elle est engagée
en 1983 par Ris et Danceries où elle mène de front durant
dix années, l’interprétation, la recherche sur le
répertoire, l’assistanat et la création de chorégraphies.
Elle est l’assistante de Francine Lancelot pour Atys(Lully, J.M.
Villégier). Elle co-signe avec cette dernière en 1988 la
Sarabande pour Jean-Philippe (Rameau) pour le ballet de l’Opéra
de Nantes et en 1989 la chorégraphie de Fairy Queen(Purcell,
A.N Nobel) pour le Festival d’Aix-en Provence ; par ailleurs,
Ris et Danceries produit les nombreuses chorégraphies de Béatrice
Massin. A la fin 1993, elle fonde sa compagnie Fêtes Galantes pour
laquelle elle monte des créations en utilisant le vocabulaire chorégraphique
de la danse du XVIIème siècle, et des programmes pédagogiques
avec reconstitutions du répertoire baroque. En 1999, elle est sollicitée
par Gérard Corbiau (le réalisateur de Farinelli)
pour créer et réaliser les chorégraphies de son film
Le roi danse. En septembre 2001, elle est invitée par
le Ballet de Lorraine pour la création de deux chorégraphies.
Fin 2003, Bob Wilson choisit Béatrice Massin pour être sa
conseillère en danse baroque pour Les Fablesqu’il a créé
en janvier 2004 à la Comédie Française. Par ailleurs,
dans le cadre du projet Fables à la Fontaine de La Petite
Fabrique, Le loup et l’agneau voir le jour début
2004.
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