VENDREDI 7 MARS À 20 H 30 | ÉQUINOXE
[Durée : 1 h 30]

Création 2007

 

conte

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Dossier de presse

[ www.yannickjaulin.com ]

DIRECTION D’ACTEUR
ET MISE EN SCÈNE

Frédéric Faye

DRAMATURGIE
Wajdi Mouawad

Création lumière
François Austerlitz |
Composition musicale et sonore
Camille Rocailleux |
Assistanat écriture et mise en
scène
Angélique Clairand et Valérie Puech |
Vidéo

Hervé Jolly |
Costume
Valérie Mascolo |
Collaboration artistique

Pierre Lascoumes |
Son

Fabien Girard / JB André | Éclairage
Dominique Grignon / Marc Cauet |
Régie de la tournée
Laurent Jaulin |

Yannick Jaulin de retour dans
Terrien

J’ai pas fermé l’œil de la nuit ; Menteur .
Deux des pépites de Yannick Jaulin, maintes fois invité ici, comme lecteur, conteur, ami de la maison.
« L’inventeur » du Festival de Pougne-Hérisson (petit village désigné comme étant le nombril du monde), haut lieu de l’oralité, des mines à contes et du loufoque en pleines pâtures vallonnées, balade ses récits aux quatre coins du pays (Saint-Chartier le 12 juillet avec quelques récits rares dans la besace) et de la francophonie ; à l’occasion invité par Peter Brook dans le mythique Théâtre des Bouffes du Nord (Paris) pour une série de représentations de Menteur qui resteront dans la mémoire des spectateurs…

Peut-être le Récit le plus ébranlant/édifiant de Yannick ; où le fictionnel, l’humour, le ton parfois badin, la générosité, laissent place, fugacement mais de manière indélébile, à la réalité ; et au drame de l’enrôlement sectaire courageusement abordé ; puis dépassé.

« Ça » parle beaucoup du vivre ensemble, de sa petite enfance très campagnarde et de Bobby, son meilleur ami ( « âme simple » du village, ou double? ), celui qui converse avec les animaux.

Ça plonge dans les batailles moyenâgeuses des ancêtres, ça patoise, ça filme à la paluche les décors familiaux d’hier et ça tire vers du Tim Burton poétique alla Francesca ; on y croise culards, drôles et drôlesses, Caïn « l’angoissé qui tue le débonnaire, le sédentaire qui tue le nomade», la fée Gatine et puis la vieille Angèle, son voyage rêvé et son petit Boucaud piégé dans un chêne creux.

Ça rouspétaille, ça boit, ça reluque Claudine et très réciproquement ça joue au foot, ça se transforme en goret après avoir lu le Grand Albert, pour voler des patates ; ça évoque les chaldéens, les arts divinatoires et la « dissonance cognitive » ; il s’agit bien d’un spectacle « éclairant » !

Ça vous flanque surtout les larmes aux yeux - comme toujours - ça vous prend à la gorge et ça s’attarde salutairement sur une de nos tragédies modernes.

Ça interroge quant à la jalousie ou la propriété (« Je suis ce que… j’ai! ») ; ça vous déride dans une scène inénarrable de captation d’héritage ; et vous laisse vaguement pantois, devant ce pan d’humanité et ce conteur-ludion mi frère ainé mi penseur, magnifiquement servi par Camille Rocailleux et sa musique qui, au final, vous aidera à atterrir en douceur, ressurgissant de vos Ailleurs…

Yannick Jaulin est un acteur qui fait des histoires. Et quelles histoires ! Son travail artistique est reconnu par un public de plus en plus large. Sa poésie roulant les mots d’hier dans une grande modernité d’écriture, son humour burlesque aux personnages picaresques et attachants, en font un artiste décalé de la scène française, résistant aux classifications.
À la fois conteur, comédien, auteur, philosophe et humoriste, il n’a qu’une obsession : replacer les grands mythes au cœur de notre monde en partant du quotidien.
C’est un voleur d’histoires qui réécrit le fruit de ses collectes et les met au service de son propos. De bistrots en cimetières, le conteur croise fées et menteurs, cherchant les caractères qui, depuis que l’homme est l’homme, traversent et agitent le monde.
Sa complicité maintenant ancienne avec Frédéric Faye sur le jeu lui a permis d’habiter ses personnages avec la plus grande justesse. Il passe ainsi de la narration à l’interprétation, de l’adresse publique du conteur au monologue du comédien avec une grande aisance.

« Au commencement, je veux parler de territoires, de notre manière de traiter le monde qui nous porte, notre besoin de possession qui comblerait nos peurs. Mes collectes m’emmènent très vite vers les territoires d’enfance. Juin 2006, Wajdi* me soumet à une série d’entrevues sur mon parcours.
Voilà le fil : je m’attaque à mes démons et merveilles, déroule un drôle de cauchemar, me livre, me réconcilie… »

[Yannick Jaulin]

*Wajdi Mouawad, complice d’écriture depuis J’ai pas fermé l’œil de la nuit et Menteur, accueillis (voire coproduits par) à Équinoxe en 2002 et 2004. Yannick a joué dans Forêts, la dernière pièce de l’auteur et metteur en scène, que nous espérons accueillir en 2009 ! DeWajdi, vous avez déjà vu Littorals (en 2000) et verrez Incendies en 2008.

Yannick Jaulin déclarait cet été, dans un article du Monde du 16 juillet 07 : 

" J'ai plus de sympathie pour le festival de Saint Chartier que pour un festival  comme les Vieilles Charrues ou tous ceux qui sont devenus des grands lieux de consommation complètement délirants, de nouvelles foires commerciales sans aucun sens culturel. Un festival fondé  sur le savoir faire des luthiers, un rassemblement de passionnés, au  moins sur cet aspect-là, c'est précieux. Il y a peu d'endroits où l'on peut se rassembler, se retrouver et se mettre à parler autour d'une passion commune."

LA PRESSE :

« L’ombre d’un frêne et d’un prunier. Huit bancs et des enfants assis devant, dans l’herbe. Cent
personnes, le regard étoilé, la banane au visage. Yannick Jaulin est en chantier. Dans neuf mois, le plus connu des conteurs français commencera, à Niort, la tournée qui le mènera en novembre et décembre 2007 au Théâtre National de Chaillot, à Paris, avec Terrien. Mais pour l’heure, le Vendéen réfugié dans les Deux-Sèvres se rode et prospecte chez les voisins de Brioux-sur- Boutonne. Pour conter, un conteur a besoin de contes. Jaulin le sait, lui qui entra dans la carrière par le collectage. Beaucoup pensaient que les aînés n’y étaient déjà plus. Lui tenta sa chance. De 1976 à 1982, le jeune homme écuma son pays natal en ciblant les plus vieux, ceux qui avaient appris des histoires avant la guerre de 14. Il

recueillit suffisamment de récits pour animer pendant des années les fêtes de labours, tenir la
première partie de stars comme-
Marcel-Amont et enfin décrocher une reconnaissance nationale au début des années 1990.
En plein renouveau du conte, il fallut renouveler le stock. Certains plongèrent dans les bibliothèques. D’autres confessèrent les vagabonds et les taulards. Lui opta pour les gens ordinaires. Au cours de petites séances ou de grands banquets, il écouta leurs“récits de vie” sur la mort, le mensonge. Cette fois, il a choisi de s’attaquer au thème du territoire; Clôture, mur, héritage, mais aussi territoire de l’enfance : Yannick Jaulin a déjà recueilli des matériaux chez les notaires, puis avec deux groupes de volontaires dans le Dauphiné. Ce lundi, il va plus loin. Le charmant

festival de Brioux-sur- Boutonne lui a proposé de venir jouer au pingpong verbal avec les spectateurs; pendant une
heure, il ouvre des pistes, y précipite le jeune Bobby, naïf au parler patoisant, tantôt bouc émissaire du village, tantôt défricheur de terres inconnues.
Bobby dans son chêne creux, sauveur du monde et de l’équipe de France, bouffeur de psylo, admirateur de ce père stérile, responsable de la buvette du stade. Deux gifles à Philippe de Villiers, une pique à Ségolène Royal, un crochet par la Colombie et les Indiens Kogui, un autre à Abou Ghraïb. Puis il revient vers le territoire et l’héritage, raconte ce brocanteur voyant arriver un homme, une armoire sans portes sur le dos… »


[07/07/2006]

Jaulin, un conteur à Chaillot

« Ringard ou décalé, Yannick Jaulin ? Il va, sept semaines durant, sur la scène de Chaillot, jouer Terrien, son dernier spectacle, truffé de patois vendéens. L’idiome, moins à la mode que la « caillera » banlieusarde ou la communication corporate du milieu des affaires, a le mérite d’être plus compréhensible. « D’accord, je suis un peu le témoin d’un monde disparu, je travail pour la biodiversité, » rigole le conteur, qui va user le son patois maternelle pour raconter une part d’enfance. Sa troisième grande création, après J’ai pas fermé l’oeil de la nuit et Menteur, est une autofiction. Non pas qu’il cède a la tendance d’impudeur et de confessions généralisées qui lui répugne. Son personnage revendique une portée plus universelle. Au cours d’une errance initiatique, il grandit, s’affranchit de certaines inhibitions et illusions. Au premier rang

desquelles la nocivité des histoires. Venant de notre conteur national, l’attaque est surprenante, presque celle d’un amoureux déçu : « Moi qui les ai tant aimées, comment ai-je pus ainsi me laisser abuser ? » Et d’ajouter : « Le peuple allemand, à un moment donné, s’est fait raconter une fable. Aujourd’hui, les pouvoirs politiques et économiques se sont emparés de ce besoin pour manipuler et déréaliser le monde. »
Yannick Jaulin n’a pas l’antidote à cette instrumentalisation des mythes qui structurent les sociétés. Il en propose juste une relecture, et revisite ainsi celui d’Abel et Caïn, comme le sédentaire qui assassine le nomade… Il veut montrer « comment, par angoisse, on tente de s’approprier le monde ». Comment la peur des autres et l’absence d’estime de soi aboutissent à faire « sous-traiter nos vies ». Existe-t-il des histoires qui proposent un bon usage du monde ? « Les contes ne disent pas autre chose depuis la nuit des temps ? On ne tuera pas nos

démons, mais on a tous en nous une part formidable mettre en résonance avec celle des autres pour prendre sa vie en main. »
Conteur toujours, Yannick a cependant peaufiné la théâtralité de son spectacle ? Il a de la musique te de la vidéo comme partenaires et a soigner son jeu de scène pour se raconter. Comme d’habitude, ça ne manquera pas d’être intelligent, sans oublier d’être drôle, à moins que ce ne soit le contraire. »

J.-L.B.

« La saison d’été du Nombril du monde, le jardin d’histoires le plus célèbre de la planète, vient de commencer - c’est la fabuleuse histoire d’un tout petit conteur,
devenu après bien des traverses, le plus grand de tous les conteurs : Yannick Jaulin. »


mai 07

Le diseur de mésaventures

Yannick Jaulin, conteur caustique, se réconcilie avec un ami imaginaire. Une autofiction tendre et corrosive.

« Yannick Jaulin peut bien essayer de nous le faire croire ; il n’est pas un terrien tout à fait terre-à-terre. Lui, c’est un quadragénaire au minois réjoui, qui apprivoise encore sa petite voix intérieure. Qui s’est réconcilié avec Bobby, son ami d’enfance imaginaire. Il s’en était séparé, « c’est difficile de rester un, toute une vie ». Il croyait avoir grandi. Aveuglement ? Peut-être : le conteur-comédien qui voulait sauver le monde,

oui, Jaulin lui-même, c’est un temps égaré du côté de l’Ordre du Temple solaire. Dans sa bouche et avec la complicité de Wajti Mouawad et de Frédéric Faye, respectivement dramaturge et metteur en scène-, l’épopée se transforme en cauchemar, course-poursuite quasi mythologique avec une bande de cannibales. Dans une autofiction tissée de tendresses et de drôleries verbales, le diseur de mésaventures ne s’interdit pas d’être corrosif par touches impressionnistes. Et, si nécessaire, un dispositif vidéo prend le relais, pour démultiplier les visages de Terrien ou convoquer un principe de réalité grâce à de fugitives mais explicites images de JT ; le tout projeté sur un écran morcelé.

Il faut dire que Yannick Jaulin, rejeton d’une Vendée rurale versé dans le collectage de paroles du cru, est le type de conteur qui s’amuse avec ses bouts de patois faussement naïfs sans se vautrer dans l’exaltation nostalgique d’un « authentique » terroir. Lui serait plutôt intéressé par les territoires, sensibles et mouvants, qui permettent de se poser dans le monde sans se perdre. Rien de tel pour vous réveiller l’ami imaginaire, celui-là même qui prend plaisir aux petites et fantasques histoires. Surtout quand elles ne ressemblent pas à des contes de fées. »

CATHY BLISSON

Yannick Jaulin : C’est Patois, c’est moi

Le conteur vendéen, drôle d’inventeur de festival du Nombril du monde, a fini pat trouver sa voie, de la ferme familiale aux scènes parisiennes.

Terrien, son dernier spectacle au théâtre de Chaillot, est l’histoire d’un homme qui aime tant les histoires qu’il se fait avoir par l’une d’entre elles. Et l’homme, c’est lui. Il était une fois un petit garçon né en Vendée, à Aubigny, une bourgade située a six kilomètres de la Roche-sur-Yon. Dans la ferme Jaulin s’entasse trois générations. Aîné de cinq enfants – cinq en cinq ans -, Yannick dort dans la chambre des grands parents. Les repas sont bavards toujours en patois, la langue maternelle. « Mémé Hélène avait de la goule, raconte-t-il le doigt pointé pour appuyer son propos. Elle disait « un homme sans femme est com’un ch’val sans bride. » Le « parlhange » a légué à Jaulin un répertoire de gestes et d’expressions inépuisable. Et, aussi, une forme de distinction. Cette langue, charnelle, « [lui] caresse le ventre [lui] fait ressentir des émotions absolument impossibles dans l’autre. » Dans chacun de ses spectacles, le patois se glisse dans les plis, ce qui a parfois suscité des ricanements, du style « le cul-terreux qui monte à Paris ». La même humiliation ressentie que quand la fille draguée se moquait de son accent plouc. Dans Terrien, le patois est parlé par Bobby, bonhomme imaginaire qui symbolise la part d’enfance de Jaulin. Il n’avait jamais donné dans l’auto-fiction auparavant. Le conteur, dit-il, a tendance à se dissimuler derrière le répertoire traditionnel. Depuis sept ans et à travers ses deux autres spectacles, il fait l’inverse, travaille sur du quotidien qu’il fait raisonner avec la mythologie. Longtemps, Yannick Jaulin n’a été que réceptacle. Un don exceptionnel pour l’écoute, découvert quand il n’était encore qu’un « belou » de campagne. L’ados de 14 ans vivait alors dans un tout petit monde, la ferme (propriété de Zacharie du Réault de la Guégonière, qu’on salue quand il passe), le Massey Fergusson paternel, les charolaises, les deux copains avec lesquels il court les bals sur sa rutilante mobylette Flandria payée par Mémé. Puis arrive « l’explosion atomique » : dans les années 70, l’inventaire des cultures populaires est à la mode. Il s’investit dans cette mission collective et bat la campagne pour recueillir les témoignages des vieux, devenir le porte-parole des petits. « Je venais d’un univers qui courbe l’échine, qui dit « ol aet de maeme qu ol aet » (« c’est comme ça que c’est »), et, soudain, je n’étais plus obligé de suivre l’ordre établi. »

Collecter est devenu un réflexe, une méthode d’écriture. Pour Terrien, il a enregistré des témoignages dans le Dauphiné et dans l’Ouest. Il s’est régalé des anecdotes d’un notaire haut en couleur, « un seigneur ». Mais il s’est finalement moins servi de l’histoire des autres que de la sienne, de celle de son territoire d’enfance en voie de disparition. La ferme sera bientôt traversée par une autoroute. « Nous aurions pu parler ici des Indiens Kogi ou autres peuples racines, mais nous allons parler d’autres Indiens beaucoup moins étudiés, et aussi dépossédés de leur terre, les paysans vendéens », expose-t-il dans une imitation de conférence sur la propriété. C’est à 25 ans, après quelques détours (champignons magiques et autres addictions), qu’il devient conteur et chanteur de rock… patoisant du groupe Jan do Fiao, « mythique sur deux cantons en Vendée ». Il a pour lui toutes ses années passées à tendre l’oreille. Son extase de conteur dans sa première maison de retraite reste intacte. Le souvenir le fait encore se dresser dans la mezzanine déserte du Palais de Chaillot en ce début d’après-midi, le corps tourné vers la tour Eiffel . « En restituant les histoires collectées, j’ai senti un truc très physique, comme un fil qui se tend. » A la même époque, il ne sait plus où il en est. « J’avais l’impression que mon Bobby était mort, que cette capacité à s’émerveiller au monde était terminée. » Paumé, il croit trouver la clé dans quête mystique, « quelque chose de plus grand que lui ». En 1985, avec Frédérique, la mère de ses deux filles, ils se rapprochent de l’ordre du Temple solaire, assistent à des réunions mensuelles à Angers et Nantes pour finir par s’installer dans leur maison du sud-est, en communauté. Le compagnonnage dure deux ans. La tuerie arrive plus d’un an après leur départ. Il l’a longtemps vécue avec culpabilité. Etre piégé par la pire histoire qu’il soit. Dans Terrien, il a décidé de la regarder en face et d’en parler. Voilà, je vous raconte d’histoire d’un enfant farci d’imagination, produit d’un monde en déliquescence, devenu un adulte égaré et sans repères.

Pourtant, le gars Jaulin, « i » l’est pas un triste. « Il a une palette émotionnelle large, il est plus lumineux et plus drôle que d’autres conteurs, il est inclassable », juge Olivier Poubelle, d’Astérios Productions (Têtes Raides, Cali, Olivia Ruiz), qui le soutient depuis vingt ans. Ce rieur à fossettes a réussi à inscrire une élucubration sur la terre ferme. Dans les Deux-Sèvres, où il se disait « réfugié politique », quand il était blacklisté comme artiste par la Vendée de Philippe de Villiers (« Une bonne alternative à la démocratie », plaisante celui qui vote à gauche). Grâce à lui, dans le village de Pougne-Hérisson, on célèbre depuis dix-huit ans le Nombril du Monde. L’objet, providentiel affleurement rocheux, se situe devant la chapelle. C’est de là que sont nées toutes les histoires. « On a inauguré en 1990, on faisait la pose de la première pierre toutes les demi-heures parce que sinon c’était gâcher l’événement. » Le festival, biennal, apporte à chaque édition un programme farfelu… En 2004, année où Jaulin a démarré une nouvelle vie amoureuse, s’est ouvert le Jardin des histoires, avec un lieu de résidence et un collectif d’artistes. Le pétillant lutin a réussi à imposer l’antithèse de Disneyland : un village rural, sans décors en carton-pâte, où on entend les vaches à Hubert d’un côté et le bruit des tracteurs de l’autre. Un maire malin qui a su profiter de l’occasion et de la bonne fée Jaulin, le café-restaurant qui a pu survivre et les pancartes Nombril du monde qui s’effeuillent sur la départementale.
Si le vendéen récemment exilé à Rennes parle ave animation du prochain Nombril, en août, « sur le thème de la mine », il creuse depuis quelques années un autre sillon. Peut-être que les vaches maigres des années 90 m’ont poussé à tenter autre chose. Pour l’anecdote, il raconte que c’est le courrier d’une dame qui l’a remis en selle. Requinquée par une de ses prestations à sa sortie d’hôpital, elle avait décidé d’économiser pour le soutenir. Surtout, il y a eu la rencontre avec Frédéric Faye et Wajdi Mouawad, metteurs en scène, qui l’ont aidé à faire du conteur un comédien et à soigner son jeu.
Sur scène, il se sent entier. Réconcilié avec ses origines, ave lui-même, avec Bobby. C’est le mythe de Dionysos qui lui vient en tête, le bouc qu’on coupe en morceaux, qu’on met dans le chaudron et qui renaît toujours. Cette fois-ci, le voici à Chaillot. « Je fais la dernière saison théâtrale ; après… je me mets à la danse. »

Frédérique Roussel

En partenariat avec le Théâtre National de Chaillot, la MC2 Maison de la Culture de Grenoble, L’Espace Malraux, Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie et leMoulin du Roc, Scène Nationale de Niort. | Photo : Nicolas Joubard

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