Comité des jeunes spectateurs

Une Antigone de papier

1L1 – LYCEE JEAN GIRAUDOUX

Impressions

Wafaâ : c’est l’un de mes spectacles préférés ; la musique était envoûtante ; bonne mise en scène du mythe avec l’association mythe antique / modernité.

Clémence : je n’ai pas vu le temps passé, j’avais l’impression d’être dans un cocon fragile ; je suis impressionnée qu’avec des choses si simples, on puisse faire un spectacle si agréable.

Emilien : le spectacle m’a plu car il y avait des passages comiques et le travail avec le papier était bien réalisé.

Charles : le jeu avec les marionnettes était hallucinant ; la comédienne enchaîne les rôles avec précision, justesse et force.

Clémence : spectacle captivant. Par contre, je n’ai pas compris les chants du début.

Malik : décor chaleureux ; spectacteur qui a un rôle. La mise en scène mélange les registres tragiques et comiques. Un vrai rythme est créé par la musique ; le papier est étonnant et agréable à regarder.

Florent : ce que j’ai le plus aimé c’est cet univers tout en papier qui crée une intimité. J’ai trouvé la mort d’Antigone magique et émouvante. J’ai aimé les contrastes fragilité/solidité, bruit/silence, jour/nuit.

Eléonore : j’ai aimé l’approche contemporaine du violoncelle ; j’ai bien aimé les nombreuses symboliques : tout n’était pas dit qu’avec des paroles.

Paul : j’ai bien aimé la musique et les marionnettes qui nous ramènent à l’enfance. J’ai aimé les personnages de gardes.

Clara : j’ai adoré ; j’ai beaucoup aimé que les spectateurs soient dans le spectacle. J’ai aimé que tout se construise en direct et que les comédiennes ne sortent jamais.

Claire : j’ai bien aimé la musique en direct et les différents sons. J’ai aimé les marionnettes : cela change des vrais comédiens qui jouent un rôle.

Sarah : j’ai beaucoup aimé le mélange tragique / comique. J’ai aimé les décors projetés sur le mur de papier, le travail des ombres.

Morgane : j’ai bien aimé, j’ai trouvé que le décor était très beau et que la musique accompagnait le texte. La comédienne était très douée.

Sylvain : j’ai aimé le rythme, le comique, la proximité des spectateurs qui font qu’ils sont impliqués. La musique était très belle. J’ai aimé les sons en direct.

Loeiza : la musique captait l’attention du spectateur et donnait du mouvement ; j’ai aimé que l’oiseau soit le prologue.

Alexandre : j’ai aimé les scènes comiques et le jeu de l’actrice.

Océane : j’ai adoré : les jeux d’ombres, la proximité de l’actrice, la musique en accord avec les actions et le travail des marionnettes dispersées sur scène.

Sandy : j’ai trop aimé ; c’était intense ; j’ai aimé l’odeur de la craie, la présence de la comédienne, le lien entre les deux musiciennes (leurs regards, leur complicité)

Sarah : j’ai aimé les musiques, les lumières, les jeux d’ombres. Le mur m’a donné des frissons.

Amélie : j’ai beaucoup aimé le lien comédiennes / spectateurs ; l’atmosphère, le monde clos.

Alina : j’ai aimé le fait que l’on soit assis les uns près des autres, comme si on appartenait à un même groupe. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Marine P : j’ai aimé la disposition : les deux camps distincts. Le fait que la comédienne joue tous les rôles apporte une intensité à chaque personnage. La musique donne vie aux marionnettes. Le papier met en lumière la fragilité du mythe.

Marine L. : l’ambiance était intime , la musique était belle et coordonnée à l’action. Quelques passages étaient drôles.

Justine : j’ai beaucoup aimé le décor mais c’était très frustrant en tant qui spectateur : on est là mais on ne peut rien faire. On est tous complices. On n’arrive pas à savoir si on est du bon ou du mauvais côté du mur. Pour moi, le papier est la représentation d’Antigone.


Analyses, interprétations

Pourquoi une seule comédienne pour tous les rôles ?

  • Wafaâ : « c’est la crise ! »
  •  Clémence D. : peut représenter le fait que chaque personnage est une partie de ce que l’on aimerait être ?
  • Paul : pour être plus proche du spectateur ; sorte de fil directeur
  • Malik : la comédienne fait corps avec un monde en papier fragile
  • Charles : met en évidence la solitude d’Antigone : « seule en face de son oncle, qui est le roi » (Anouilh)
  • Florent : comédienne obligée de courir partout : référence à Bauchau : « Je cours, haletante … »
  • Justine : les personnages sont tous différents physiquement mais finalement ont tous la même envie de liberté.
  • Océane : crée une intimité avec les spectateurs.
  • Sarah : elle joue avec cela, qu’elle est la seule. Une marionnette lui dit à un moment qu’elle doit la poser pour jouer avec une autre marionnette.
  • Océane : elle peut être Ismène qui n’arrive pas à se décider.
  • Sylvain : c’est ^peut-être Eurydice.
  • Elle est une figure de l’auteur qui crée ses personnages (texte du spectacle = réécriture)

Que représente l’oiseau ?

  • Eléonore : le coryphée ; chez Sophocle, il parle avec Créon du monde, des hommes, du pouvoir de l’amour
  • Clara : l’oiseau sait tout mais ne peut rien faire pour le changer donc coryphée de Sophocle et prologue d’Anouilh
  • Malik : pour moi, il représente la liberté, surtout à la fin : il est la liberté d’Antigone.
  • Vautour prêt à se jeter sur la charogne : Bauchau : « Là-haut, les vautours tournent toujours dans le ciel »
  • Paul : un des dieux grecs métamorphosés pour se rire des hommes.
  • Eléonore : plume retirée. Fait penser au Japon et aux plumes que l’on accroche aux branches pour faire un vœu.
  • Marine P. : l’oiseau avait des cartes sur lui, comme s’il distribuait les cartes. Symbole de la tragédie.
  • Justine : statut d’un Dieu. Ou alors le page d’Anouilh.

Le mur aujourd’hui ?

  • Clara : mur de Berlin ; casque des gardes qui ressemblent au casque des soldats pendant la guerre + Malik : la femme parle en Allemand. Ligne de démarcation.
  • Florent : séparation Corée du Nord / Corée du Sud
  • Justine : au fur et à mesure que le mur se monte, séparation. Le mur qui sépare Créon et Antigone se concrétise.
  • Symbole de la guerre ; de la séparation entre ceux qui ont le pouvoir et les autres. Symbole de la loi.
  • Loeiza : la Grande Muraille de Chine
  • Jérusalem
  • Les camps de concentration : isolement des plus faibles.

Qu’avez-vous retrouvé des différentes réécritures du mythe ?

  • Bauchau : la relation Ismène / Antigone, le début : périple avec Œdipe. Le chant des pleureuses.
  • Anouilh : présentation des personnages à la manière du prologue ; reprise du thème de l’action en marche impossible à arrêter ; les gardes à nouveau actualisés (Florent : les Dalton) ; pas de dimension religieuse.
  • Sophocle : l’intrigue, disposition des spectateurs.

Quelle analyse du titre et du sous-titre : « tentative de défroissage du mythe » :

  • Clara : montrer que le mythe est toujours actuel
  • Paul : mettre à plat pour que tout le monde comprenne + marionnettes = accessibles à plus de monde
  • Florent : réécritures mêlées
  • Wafaâ : le papier, c’est froissé. Redonner vie au papier. Papier = fragile (comme Antigone) et en même temps résistant (comme Antigone !). Résistance du papier = résistance d’Antigone
  • Malik : des personnages qui se déchirent, au sens figuré et au sens propre
  • Florent : lien entre Ismène et Antigone qui se déchirent
  • Justine : montrer les côtés cachés
  • Marine : toute la scène en papier = toute l’humanité peut se détruire.

Quelle marionnette a retenu votre attention ? :

  • Créon : car c’est comme cela que je l’imaginais : gros ventre, assis, chauve, autoritaire.
  • Toutes, car chacune ses caractéristiques
  • Hémon : on ne voit pas le côté naïf présent chez Anouilh
  • Le maçon : très drôle
  • Ismène et Antigone sont les mêmes : comme chez Bauchau. Justine : on dirait des siamoises que l’on déchire.
  • Créon : toujours assis = ne change pas de place, reste sur sa position.

Rôle de la musique et des chants :

  • Wafaâ : « Ca donnait trop le rythme ! »
  • Simple, reposant, émotions
  • Chants = chants dithyrambiques ; chants des pleureuses chez Bauchau. Insistent sur l’aspect tragique de la pièce.
  • Accentuent les émotions.

Quelle actualisation ?

  • La façon de parler de Créon
  • La comptine « une souris verte … »
  • Les gardes : « rien à signâleeer ! »
  • Référence aux intermittents du spectacle ; Créon = Sarkozy ?

Impressions des élèves de 3°B et D du collège Rosa Parks sur le spectacle : Une Antigone de papier.

Après le spectacle, j'ai posé au élèves 3 questions auxquelles il ont répondu par écrit .


1) Qu'avez-vous retrouvé du mythe dans le spectacle ?

" Dans le spectacle, on retrouve les principaux personnages du mythe: Antigone, Hémon, Créon , Ismène , les soldats ... Leur rôle est respecté. L'idée générale de l'histoire est clairement retrouvée.
Mais aussi, sur scène, au niveau du dialogue, des allusions à une autre époque que celle du mythe sont faites. "
(Sakina Sebbar )

"J'y ai retrouvé les personnages : Antigone, Créon, Hémon, Ismène, Polynice, Etéocle ...
L'histoire se passait là aussi à Thèbes.
On retrouve aussi la relation qu'entretenait Antigone avec Hémon et la tentative d'Antigone d'enterrer son frère. "
(Anthony Granger)

" Nous avons retrouvé à peu près tout le mythe: il y avait Antigone et Hémon, et le roi Créon. Il y avait Ismène la soeur d'Antigone; il y avait la guerre et au fur et à mesure il y avait le mur qui se construisait petit à petit pour séparer la ville en deux car Créon ne voulait pas que le peuple aille de l'autre côté car il y avait des morts à cause de la guerre."
( Fahisa Difallah)


2) Comment comprenez-vous le sous-titre du spectacle: "Tentative de défroissage du  mythe" ?

..." Les acteurs ou l'auteur voulaient que le mythe soit plus clair, moins froissé. " ( Sourianti Amiri)

" La compagnie qui a crée cette pièce a tenté d'insuffler un peu de nouveauté dans ce thème qui a beaucoup été adapté au théâtre. Le mot " défroissage" renvoie au fait que toutes les marionnettes et les décors sont en papier." (Aurélie Garnier)

" Ce sous-titre, je le comprends comme une tentative de mise en ordre des choses qui ne vont pas . " ( Djassim Ysmaila)

" Le mur du spectacle était fait de papier. Je comprends donc que le " défroissage" est en quelque sorte la destruction du mur qui sépare la ville en deux " . ( Jeanne d'Arc Kamsi Ngonga)


3) Qu'avez-vous pensé des marionnettes, du décor, des couleurs, des lumières, de la musique, des paroles ...etc...?

" Les marionnettes avaient l'air vivant. Et les personnages avaient chacun leur personnalité : autoritaire, drôle, grognon ...

J'ai été assez confuse car à des moments je ne savais si je devais rire ou pleurer. ...

Les comédiennes n'ont pas fait que jouer leur scène: nous avons joué avec elles ." ( Jeanne d'Arc Kamsi Ngonga )

" Moi je trouve que ce théâtre est intéressant; j'ai bien aimé surtout les deux gardes Georges et Janou; ils étaient trop drôles et les voix leur allaient très bien. Les choses étaient bien organisées , le décor , les marionnettes sont bien faits, le visage d'Antigone allait très bien comme on nous l'avait décrit dans l'histoire. Cétait bien. J'ai adoré."
( Anani Apetoh)

" Les marionnettes étaient très bien pensées, colorées, avec une bonne expression, de bons mouvements. Les couleurs étaient plutôt sombres; cela rendait mieux l'éclairage des marionnettes et les violoncellistes. La musique accompagnait bien l'histoire. Les voix des marionnettes étaient très vaste pour une seule personne qui les faisait parler. Certains sons et trucages comme le bruit du vent étaient très bien imités et le "pétage de plomb" était bien placé dans l'histoire..."
(Xavier Fournier)