Comité des jeunes spectateurs
Je Tremble (1 et 2) / travaux des classes de 1S2 et 1S4 du Lycée Blaise Pascal de Châteauroux
Liste des personnages de Je tremble

Le présentateur
Une femme
La femme très mal en point
La jeune femme en tee-shirt
Sa mère
L’homme le plus riche du monde
L’homme qui n’existait pas
Un petit garçon mutique
La mère de l’enfant
Le père de l’enfant
Un homme
La famille de la Femme très mal en point :
le frère, les deux sœurs, la mère, le père
La femme très âgée
Deux femmes très enceintes
Le clown blanc

Exercice d’écriture : tirer au sort un personnage et inventer sa biographie ; ou écriture autobiographique à la première personne.

TEXTE D’EMILE GEOFFROY

Prenez un cœur humain. Non. Plutôt deux...voir trois.

Prenez en mille tiens, ou un million même.

Prenez l’humanité et votre couteau à dépecer.

Percez au centre, là ou l’on devine une faille, dans l’abime de l’être, il n’y a qu’un mot pour décrire cela.

Mais le mot « mot » est mal choisi, pourtant la langue française est vaste.

J’essaierais quand bien même d’en faire un condensé.

 

     Plomb, froid, rétine et abdomen, pensée en mouvement, mais toujours trop lentement...

 

Joël Pommerat veut ici nous faire réfléchir. Il le dit et répète, je le suis à la lettre.

Sorti du spectacle, j’y repensais déjà. Arrivé chez moi, je n’avais qu’une envie, prendre mon Bic, transparent, et étaler ma pensée, ou son substitut de clarté.

Voir à tout prix si je les avais bien compris. Si je les avais bien entendus. Bien vus. Ces hommes et ces femmes, acteurs...malgré eux. Marionnettes d’une autre espèce sous les doigts d’un lutin.

La vision perçante, il nous connait tous, sans nous connaître vraiment.

Avoir raison ou tord ? au final peu importe.

On se laisse guider dans de profonds réveils, c’est une respiration, l’atroce nous émerveille.

L’atroce oui, ce n’est ni dégueu, ni vulgaire, ni gentil. C’est atroce, et ça se défend. C’est Gus Van Sant, et son éléphant.

Que de lumières, que de musiques ! le voyage n’est pas de tout répit dans cette galerie de tableaux. 7ème symphonie de l’âme humaine. Ouverte à nos yeux, rare, et poignante...

 

C’est pourtant la justice du théâtre, qui tranche incessamment sur la peine de l’homme. Acteurs ? criminels oui. Si je traine dans le vague ce n’est qu’image de leur vie.

Le brouillard permanent, ces choses dites... si clairement, on les attrape au vol, nous, humbles spectateurs, essayant d’arracher, en fin de compte, un peu d’humanité, dans notre cruauté, tout humaine qu’elle peut être.

Vous vous êtes embellis dans la catharsis de ce spectacle ? Êtes vous enfin sortis des sentiers battus ?

J.P et ses acteurs ont changé ce soir une de mes visions du théâtre.

L’on s’assoit, l’on regarde. C’est beau, c’est laid, c’est fort, faible, impressionnant, rassurant. C’est une pièce de théâtre. On en ressort, bien évidemment, mais par la même porte. Et c’en est désolant.

 Ce soir, comme les autres, je me suis assis.

Noir.

2h20.

Face au miroir.

« où est-ce que je sors nom de dieu ? »

Oui, ce soir, je l’avoue, j’ai tremblé.

J’ai tremblé, oui, dès le deuxième tableau.

Je préfère cependant le premier, et ses promesses insoupçonnées.

Vous vouliez tout voir ? vous avez vu.

Vous vouliez tout entendre ? vous avez entendu.

Vous vouliez tout savoir ? vous ne saurez jamais.

Trop tard. Tant pis.

C’est la dure loi de la mort, qui pose une limite à la vie.

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