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Coproduction Équinoxe |
Jeu
Tanguy Bordage
Bertrand Ducher
Olivier Dupuy
Shams El Karoui
Vanille Fiaux
Hervé Guilloteau
Clara Pirali
et Jean-Jacques Simonian
Assistant à la mise en scène
Marine de Missolz
Dramaturgie
Anne Monfort
Scénographie
Caroline Foulonneau
Lumière
Thierry Mathieu
Son, bande originale
Gaël Desbois
Régie
Sylvain Marguerat
Régie générale et plateau
Franck Tortay
François a été un grand entraîneur de D1. En 1993, il a mené son équipe à la victoire. Depuis il a abandonné les terrains, ne se reconnaissant plus dans le football business. Il tient depuis des années un hôtel-bar-restaurant. Aujourd’hui, il a décidé de réunir pour une petite fête à sa façon (chansons, sketches, discours obligatoires et méchoui) ses quatre joueurs préférés de 1993 : Jean, Pierre, Matthieu, David, tous âgés de la quarantaine.
Pierre (arrière droit) tient maintenant l’hôtel avec François, il est divorcé.
Jean (meneur de jeu ayant fini sa carrière en Angleterre) n’a plus donné de nouvelles depuis huit ans ; sa vie était le football, la gagne, la perfection du geste ; retraité, il se sent fini.
Matthieu (attaquant) s’est lancé dans un business de piscines en Bretagne.
David (arrière central) est dans le coma depuis dix ans après une banale opération des ligaments et trois erreurs techniques de l’interne en anesthésie.
François est soutenu par Alice – une jeune femme qui a fait de bonnes études mais qui est devenue serveuse et femme de chambre dans l’hôtel-bar-restaurant de François et Pierre. François n’a pas eu d’enfants, mais il a élevé Martin – le fruit d’une des très nombreuses histoires de Jean. Jean n’a jamais su que la jeune femme n’avait pas avorté comme il le lui avait imposé. Jusqu’à aujourd’hui, Jean ne sait pas qu’il est père. Martin est venu avec sa fiancée Alma. François a décidé que la fête de ce jour marquerait enfin le face à face entre Martin et Jean…
Lison est aussi présente. Elle est la femme de David depuis vingt ans. Profondément amoureuse, elle est devenue – avec évidence et nécessité – son infirmière. Aujourd’hui, elle l’a installé dans une chambre de l’hôtel. Pierre est amoureux de Lison, mais « s’empêche » de se déclarer par fidélité à David qui est resté comme son frère depuis leurs débuts communs en centre de formation.
Le football en toile de fond : bien que fille, le football a été mon sport d’enfance et d’adolescence, mais au moment d’entrer au PSG mon père s’y est opposé. Le football m’est resté important, impressionnée par le haut niveau et la vie accélérée qu’il engendre. Pour cette pièce, tout a commencé avec la lecture-plaisir du samedi matin : L’Équipe Magazine. Numéro de juin 2008 qui titrait : "Que sont-ils devenus ?" Deux destins m’y ont été comme des "starters d’écriture" : Jean-Pierre Adams (la "garde noire" de l’équipe de France avec Marius Trésor, ancien joueur de Nîmes, Nice, PSG) et Stéphane Guivarc’h (attaquant-remplaçant de l’équipe championne du monde en 1998).
Dans une société fascinée par l’action et l’état de la jeunesse, où les retraités, comme les chômeurs, sont vite assimilés à des poids morts, il apparaît important qu’un geste artistique donne du temps et de l’espace à ces êtres dits "finis". En mettant en scène des retraités du sport (de très jeunes retraités) résonne encore davantage la violence avec laquelle le retraité, l’inactif, est traité.
Cette unité de lieu et de temps est une évidence théâtrale et un immense plaisir d’auteur. Temps des préparatifs, temps de la fête, temps de la fin et du départ…
Écrire les connivences et les concurrences, les hiérarchies affichées et acceptées et les autres, dissimulées. Écrire sur le groupe, c’est travailler sur le fonctionnement de la société, même si c’est à petite échelle. C’est une des clefs de mon travail de confronter l’intime à l’être social et son image.