| Mano a Mano | 6e EMPOIGNE - DU 30 MARS AU 1er AVRIL |
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Spectacle de papier plié
et déplié en musique
Jeu Camille Trouvé
Musique Sandrine Lefebvre ou Martina Rodriguez
Mise en pli Brice Berthoud
Le Cri quotidien, c’est une lectrice ordinaire perdue dans le labyrinthe des pages de son quotidien et dans les extraordinaires nouvelles de tous les jours. C’est l’histoire d’un matin où l’actualité sort de ses gonds et se donne en spectacle… On y voit des hommes en papier s’échapper des mots, des villes et des déserts se déplier et grignoter les pages, on y entend le son d’un violoncelle couvrir les grandes phrases. C’est drôle, c’est triste, c’est un journal.
Du papier, rien que du papier, imprimé, plié, déchiré, découpé, déplié en éventail ou bâti en cathédrale. Les marionnettes naissent entre les pages puis se fondent dans les écritures. Le journal, construit sur la technique du « pop-up » (qui n’a pas d’équivalent en français, mais qui pourrait se traduire par « surgissement »), laisse apparaître un petit décor unique et insolite aussitôt qu’une page se tourne. La violoncelliste, elle, est absorbée par la lecture d’une nouvelle partition, partition étrange qui recèle sonates classiques et crissements de pneus, adagios et gloussements de poules. Ce sont bien deux lectures parallèles qui se jouent sur le plateau, deux bruyantes solitudes qui ne se croisent que par hasard ou par magie.
« Elle arrive avec son grand journal sous le bras. Elle s’installe, pose son immense tabloïd, l’ouvre et le lit. Elle lit, elle relit, et, sous l’effet de cette lecture de plus en plus incantatoire, les acteurs du quotidien passent soudain de la deuxième à la troisième dimension. Comme si elle les faisait surgir de l’encre et du papier. Alors le journal est un théâtre où s’agite un monde empli de figurines que manipule cette démiurge souriante. Les mille faits relatés dans la presse prennent vie. La guerre, la politique, les accidents ; les poules même, élevées en batterie. Parfois cruelle, elle semble s’amuser des travers, des soucis, des drames de nos contemporains, de nous finalement… »
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« Un canard dont les pages se transforment à la demande en courts métrages et gros plans spectaculaires sur la vie de tous les jours. Un coup de tonnerre. »
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« Remarquable travail de pliage, théâtre du quotidien, la narratrice marionnettiste nous fait l’article en musique ; les infos sur la guerre défilent en rafales, un chêne centenaire se déplie, témoin placide de nos errances routières. Nous renvoyant à notre condition de lecteur-spectateur du monde, les mots s’emballent pour mieux déballer le décor de nos doutes et de nos certitudes. »
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