Première 6 mai 1983, Théâtre de la Balsamine, Bruxelles – Présentation Kaaitheaterfestival |
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Dansé par
Sandra Ortega Bejarano
Tale Dolven
Elizaveta Penkova
Sue-Yeon Youn
Créé par
Anne Teresa De Keersmaeker
Adriana Borriello
Michèle Anne De Mey
Fumiyo Ikeda
Musique
Thierry De Mey
Peter Vermeersch
Enregistrement
Thierry De Mey
Walter Hus
Eric Sleichim
Peter Vermeersch
Éclairages
Remon Fromont
Décors
Anne Teresa De Keersmaeker
Costumes
Rosas
Cette chorégraphie pour quatre danseuses a marqué les esprits par ses contrastes entre rationnel et émotion, agression et tendresse, unisson et contrepoint, uniformité et individualité. Les quatre femmes opiniâtres, concentrées, avec leurs balancements de bras, leurs pas mesurés, leurs retournements brusques, leurs suspens, leurs élans qui vrillent en spirale, sont les interprètes d’une chorégraphie implacable. Contenues, la colère, la violence, la sexualité, semblent travailler leurs corps à leur insu, avec la liberté comme point de fuite. Avec sa mécanique imparable qui épouse la composition musicale, Rosas dévoile la faille de l’exactitude, l’émotion. Quadrillant l’espace, virevoltant, chavirant, s’étirant, roulant, chutant, les quatre danseuses traversent littéralement le temps et l’espace de manière extrêmement physique et jouissive. Construite en quatre temps rythmés par le souffle des danseuses ou par le son de la musique répétitive, cette pièce entremêle geste quotidien et abstraction. Elle avance inexorablement, soulignant jusqu’à l’épuisement la répétition, assortie de subtiles variations. Le style d’Anne Teresa De Keersmaeker y est parfaitement reconnaissable et la beauté légendaire de cette pièce tient sans doute à l’audace de cette chorégraphe qui a toujours assumé le caractère contrasté, parfois provocant, de sa danse.
Après des études à Mudra, l’école de danse de Maurice Béjart à Bruxelles, ainsi qu’au département de danse de la Tisch School of the Arts de New York, elle fait des débuts remarqués avec Fase, four movements to the music of Steve Reich, suivi de Rosas danst Rosas en 1983, année de la fondation de sa propre compagnie, Rosas. De 1992 à 2007, elle est reçue en résidence à La Monnaie, l’Opéra Royal de Belgique. En 1995, La Monnaie et Rosas ouvrent PARTS (Performing Arts Research and Training Studios), une des écoles de danse contemporaine les plus importantes de la planète danse. Dès le départ, elle y développe dans ses chorégraphies une riche relation entre musique et danse. Elle fait appel aux œuvres de compositeurs de toutes les époques, de Mozart à Steve Reich, de Bartók à Coltrane, et collabore régulièrement avec Thierry De Mey. Sa danse se déroule ainsi sur des bases géométriques scéniques et sonores extrêmement strictes, en adéquation permanente. Avec plus de trente-cinq chorégraphies à son actif, son œuvre a été plusieurs fois récompensée par des prix internationaux.
« Le rythme est roi, les mouvements s’ordonnent en canons, fugues et contrepoints. Peu à peu s’infiltrent des déhanchements, des balancements, de faux déséquilibres, des tourbillons. Les coquines dénudent une épaule puis la recouvrent, déboutonnent leur T-shirt et le reboutonnent, sans qu’on puisse savoir si l’ordre leur en est donné ou si elles obéissent à quelque malicieuse impulsion. »
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[Sylvie de Nussac]
« Anne Teresa De Keersmaeker est l’une des chorégraphes majeures de notre époque dont l’écriture est la plus finement composée. Voyager à travers son œuvre nous permet de découvrir la richesse des procédés de composition chorégraphique mais aussi une réflexion sur l’ici et maintenant du corps, non sans rapport avec les implications sociales et culturelles de notre temps. »
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[Agnès Izrine]
« La danse d’Anne Teresa De Keersmaeker tutoie les sommets. »
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« Couchées, assises, debout : chaque séquence explore les possibles du corps, physiques et comportementaux, à partir de ces trois attitudes. L’analogie entre le repos, le silence et la position allongée est d’abord exploitée, sans complaisance. Quant aux mouvements eux-mêmes, ils sont brusques, consentis rageusement, et expulsent le souffle violemment. La répétition est du côté de l’hypnose, de la transe, autrement dit de l’expérience, de la singularité. Et donc bouleversante. »
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[Fabienne Arvers]