1ère époque : 1 h 30 – Entracte – 2ème époque : 2 h |
Prix Jean Jacques Gautier – Le Figaro |
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Avec
Mathieu Coblentz
Karyll Elgrichi
Camille de La Guillonière
Clara Mayer
Céline Ottria
Geoffroy Rondeau
Hugo Sablic
Adaptation Jean Bellorini
et Camille de La Guillonière
Création musicale
Céline Ottria
Scénographie
Vincent Lefévre
Administration / Production Bureau formArt (Jean-Baptiste Pasquier)
La version intégrale a été créée au Théâtre du Soleil – Cartoucherie de Vincennes, accueillie par Ariane Mnouchkine.
Ne faut-il pas être culotté pour adapter Les Misérables, le roman-fleuve de Victor Hugo aux multiples personnages, en une pièce de théâtre pour cinq comédiens et deux musiciens ?
Pari relevé pour un spectacle audacieux, libre et révérencieux, qui magnifie la langue hugolienne en suivant les mouvements profonds d’une écriture finalement fort propice au jeu.
Première époque
Par le seul pouvoir de suggestion de leurs voix, deux comédiens-conteurs font apparaître Jean Valjean, pauvre hère frappant à la porte d’un prêtre, puis recueillant Fantine, se portant au secours de Cosette martyrisée par les Thénardier… On est saisi et déjà emporté.
Deuxième époque
Tout se complexifie. Défilent alors les grands chapitres : les barricades, Marius, la mort de Gavroche, la trahison de Thénardier…
Cette épopée théâtrale respecte à la lettre le texte de Hugo, naturellement et habilement découpé. Les jeunes acteurs grimpent la cathédrale de ses mots et nous livrent un théâtre populaire et partageur. Célébrant la force de la langue avec plaisir, émotion et humour, ils n’oublient pas pour autant le Hugo politique et visionnaire, ses interrogations sur la violence révolutionnaire et sa haine de l’injustice.
« Plateau nu : un arbre, un lit, une guirlande de lumière, un piano, une batterie. Deux jeunes comédiennes cache-nez et bonnet, comme des enfants, nous racontent une histoire. Ils n’ont pas froid aux yeux, tous ceux de la compagnie Air de lune, qui, autour du metteur en scène Jean Bellorini, se lancent dans l’adaptation des « Misérables ». Un théâtre-récit formidable de poésie, d’énergie, d’invention et de force. A travers Jean Valjean, Fantine Cosette, Eponine, Gavroche, ils donnent à entendre, sans compassion ni angélisme, leur misère et leur dignité, le charge dénonciatrice mais aussi la part épique et héroïque d’un Hugo tout neuf. Sans peur du sentiment et de l’utopie révolutionnaires. D’abord, Camille de La Guillonière et Clara Mayer, magnifiques, puis sept comédiens et deux musiciens qui racontent, jouent, chantent, rappent et slament. Enthousiasment. »

le 28/03/12
« Fantine, Gavroche… Les héros de papier des Misérables ont rarement été aussi vivants, aussi actuels. On n’est pas chez les friqués ni chez les favoris de la vie. Justement déboulent, venant d’on ne sait où, estomaqués, se tenant par la main, un grand sifflet visionnaire et une petite valeureuse de faubourg. Ça sent le peuple. Lui avec son écharpe orange qui pendouille, elle un bonnet de laine bleu enfoncé jusqu’aux yeux. Et ils parlent, parlent à n’en plus pouvoir, tantôt ensemble, tantôt séparément, font tous les personnages à la fois. On voit presque les mots sortir de leurs bouches, voler par-dessus leur tête, siffler. Balles de fusil, feux d’artifice, cela dépend. Derrière nos deux colporteurs impatients, ou devant eux, le peuple prodigieux des Misérables. On les voit, on les touche, ces héros de papier. On les plaint. On les craint. On les aime. On les hait. On pourrait presque les dessiner ou leur serrer la main. Le plus convaincant dans cette adaptation tient à la rage qui l’anime. »
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[Daniel Conrod]
« Ce spectacle est exceptionnel. Ce travail de réduction et de mise en théâtre exige des interprètes une intelligence, une sensibilité, une virtuosité extraordinaires. […] C’est un moment sublime. […] On est bouleversé par Hugo, ses personnages et sa déchirante histoire, sa pensée et sa morale. Mais on est tout autant bouleversé par ces jeunes qui portent si haut un grand théâtre populaire et beau. »
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[Armelle Héliot]
« Un spectacle fleuve. Une plongée folle ! Trois heures et demie d’un théâtre à l’émotion directe, populaire et savant, généreux et profond ! […] En osmose parfaite avec le verbe de Hugo, ils en épousent toutes les espérances et les indignations. De leur jeu surgissent des images d’une poésie intense et d’une force terrible. »
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[Didier Méreuze]